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Casavant, Opus 212, 1903 / Opus 2426, 1957
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En 1826, Mgr Bernard-Claude Panet, évêque de Québec, érige la paroisse Saint-Jean-l'Évangéliste. À l'instigation de Gabriel Marchand (1780-1852), notable et père de Félix-Gabriel, la paroisse se dotera d'une église en pierre qui sera inaugurée le 10 novembre 1828.
Cette première église construite selon un plan à la «Récollette», aura façade sur la rue Busby. Parée de deux tours peu saillantes, coiffées de clochers de forme octogonale, la façade comme l'ensemble de l'édifice s'inscrit dans le mouvement de l'architecture classique traditionnelle. Le décor intérieur est entrepris dès 1833 par la construction des autels latéraux pour être complété en 1846. Pierre-Salomon Marquette, sculpteur de Saint-Vincent-de-Paul, exécuta la chaire et possiblement le maître-autel que l'on conserve aujourd'hui à la sacristie. Cette première église ressemblait à la première église de Saint-Luc.
Au milieu du XIXe siècle, la population quadruple. Vers 1858, la nécessité d'une église plus spacieuse donne le coup d'envoi à Victor Bourgeau, architecte influent du diocèse de Montréal et concepteur de quelques églises de la région (dont Saint-Grégoire et Sainte-Brigide d'Iberville), pour réaliser les plans d'une nouvelle église. En 1861, les travaux de maçonnerie sont confiés à John McNeil, et Félix Côté réalise la charpenterie et la menuiserie.
L'église est ouverte en 1866. Le nouvel édifice, dont le chevet est construit à l'intérieur des murs de l'ancienne église devenue sacristie, adopte le plan en croix latine. Les longs-pans et la façade sont faits de pierre de taille chanfreinée, ce qui constitue le seul décor stylistique de l'ensemble, hormis les créneaux qui couronnent la façade et le clocher d'inspiration romane. L'ensemble s'inspire de l'architecture néo-classique anglaise.
L'intérieur fut réalisé entre 1863 et 1888 : la chaire est l'oeuvre de L. Ouimette; la décoration artistique est du peintre François-Edmond Meloche, disciple de Napoléon Bourassa lequel a signé le tableau patronymique situé au-dessus du maître-autel dans le couronnement du retable.
En 1923, des travaux majeurs sont effectués. La firme Bernier et Despaties reconstruit la façade dans le style Beaux-arts, le clocher central, puis fait la réfection des bancs et des planchers. Pour couronner ces travaux, on fait l'acquisition de cinq cloches dont le bourdon pèse 3 795 kg (10 167 livres).
L'église Saint-Jean-l'Évangéliste devient cathédrale en 1934, à la suite de la création du diocèse de Saint-Jean. Le premier évêque est Mgr Anastase Forget, ancien directeur du collège de L'Assomption.
Le premier presbytère, construit en 1830, sert à la fois d'habitation curiale et de salle publique. Le second presbytère, érigé en 1881 à côté de la sacristie, s'inspire des villas françaises de style second Empire. Ce bâtiment fera office d'évêché de 1934 à 1969, année de la relocalistion à Longueuil de la chancellerie et de la résidence épiscopale. Une section de cet édifice loge les Centres des services sociaux Richelieu, tandis que des religieuses de la Congrégation de Notre-Dame résideront dans l'autre partie de 1970 à 1993. Aujourd'hui l'évêché est devenu le Centre Mgr Forget, une résidence pour personnes âgées autonomes.
En 1956-57, on confie à l'entreprise Jean-Paul Trahan la construction du presbytère jouxtant la cathédrale, selon les plans de l'architecte Félix Racicot. En 1988, le presbytère de la rue Jacques-Cartier retrouve sa fonction d'évêché par l'installation de l'évêque auxiliaire.
L'orgue
La paroisse de Saint-Jean-l'Évangéliste a acquis son premier orgue en 1845 de la paroisse Sainte-Thérèse de Blainville. Cet instrument, placé dans l'ancienne église, avait été fabriqué par Joseph Casavant. En 1865, après l'agrandissement de l'église, la fabrique décide de faire installer un nouvel orgue. Quand au premier instrument, il sera vendu à la paroisse Saint-Sébastien en 1869, avant d'être détruit durant la première moitié du XXe siècle. Peu de détails nous sont connus à propos de ces deux instruments, qui étaient de petite taille. En effet, l'orgue de 1865 comportait une vingtaine de jeux seulement.
En 1903, en raison d'un trop grand nombre de réparations nécessaires, la décision est prise de faire installer un nouvel orgue (le troisième) au coût de 9 000$. Selon les documents d'archives conservés par la maison Casavant, cet orgue de 2,173 tuyaux possédait 38 jeux répartis sur trois claviers et le pédalier. La composition de cet instrument était de caractère symphonique, avec une nette prédominance de jeux de fond de 8 pieds. La présence de jeux d'anches à tous les claviers est une autre caractéristique importante de cet orgue. En observant d'anciennes photographies, on peut constater que la console était de type français, avec les boutons de registres en étages de chaque coté des claviers. C'est à cette console que se déroule la majeure partie de la carrière d'Étienne Guillet (1887-1955), premier titulaire officiel à la Cathédrale. Il devait occuper ce poste durant 48 ans, soit jusqu'à son décès survenu le 14 mars 1955.
En 1934 était créé le diocèse de Saint-Jean, devenu depuis le diocèse de Saint-Jean/Longueuil. L'église paroissiale de Saint-Jean-l'Évangéliste devenait alors la cathédrale. C'est sous la responsabilité de la Corporation épiscopale qu'a été construit le quatrième orgue (l'instrument actuel), en 1957. En fait, on pourrait affirmer qu'il s'agissait d'une reconstruction, puisque cet orgue conserve une partie importante du matériel sonore de l'instrument de 1903. Cependant, plusieurs améliorations allaient en faire un orgue beaucoup plus complet et polyvalent que ce qu'il avait été durant la première moitié du XXe siècle. Notons les principaux travaux effectués à cette occasion:
Rappelons ici que les organistes Conrad Letendre et Raymond Daveluy ont été consultés lors de cette reconstruction, et qu'ils ont grandement contribué, par leurs avis judicieux, à la réalisation de ce magnifique instrument. Ajoutons aussi que dans le contexte historique musical des années 1950, l'ajout de mutations (nazard, tierce, larigot) marque les débuts d'un retour aux sonorités classiques chez la firme Casavant.
En plus de M. l'abbé Léon Pépin, titulaire lors de la reconstruction, les organistes suivants se sont succédés à cette tribune: MM. Réjean Poirier, Lucien Poirier, Michel Phaneuf et Gilles Trahan, jusqu'à la nomination en 1985 de Mario Coutu, titulaire actuel.
«La cathédrale de Saint-Jean peut être fière de ses orgues» écrivait M. Paul Racine, historien de l'art, dans un article du journal diocésain paru en novembre 1997. Fierté bien légitime, pourrions nous ajouter. De caractère symphonique, cet instrument est particulièrement bien approprié au répertoire romantique et moderne, ce qui ne l'empêche pas de servir avec une parfaite dignité la musique des autres époques. Parfaitement proportionné à la taille du vaisseau de la cathédrale, avec ses 53 jeux et ses 3 718 tuyaux, cet orgue est puissant sans toutefois tomber dans l'agressivité, et sans jamais perdre son bel équilibre sonore. Certains travaux seraient toutefois nécessaires, dans un avenir prochain, afin de redonner à cet instrument tout son éclat d'antan. Nous ne pouvons que souhaiter qu'un élément patrimonial de cette valeur artistique ne soit pas abandonné à une lente agonie.
Mario Coutu
Organiste titulaire
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In 1826, Bishop Bernard-Claude Panet, from Québec, established the St. Jean-l'Évangéliste parish. At Gabriel Marchand's (1780-1852) instigation, notable and Félix-Gabriel's father, the parish will build a stone church that will be inaugurated on November 10, 1828.
This first church was built using the "Récollet" plan with façade on Busby street. With two not very protruding towers, and crowned with octogonal spires, the façade along with the whole building is in the traditional Classic architecture. The interior decoration was completed in 1846. It was began in 1833 with the building of the lateral altars. Pierre-Dalomon Marquette, a sculptor from St. Vincent-de-Paul, executed the pulpit and probably the main altar that is preserved and installed in the vestry. This first church looked like the first church in St. Luc.
By mid 19th century, the population increased fourfold. By 1858, the need for a larger church was the kick-off for Victor Bourgeau, renown architect in the diocese of Montreal and designer of several churches in the region (St. Gregoire and St. Brigide in Iverbille), to prepare the plans for a new church. In 1861, the contract for the stonework is awarded to John McNeil while the contract for woodwork is awarded to Félix Côté.
The church was opened in 1866. The new building, whose chevet is built inside the walls of the former church now used as vestry, takes up the latine cross plan. The side walls and the façade are covered with bevelled freestone that is the only stylistic decoration of the building, except for the crenels in the façade and the Romanesque-inspired bell-tower. The whole building is reminiscent of the English neo-Classic architecture.
The interior decoration was executed between 1863 and 1888 : the pulpit was executed by L. Ouimette, the artistic decoration is executed by François-Edmond Meloche, a Napoléon Bourassa's disciple, who executed the patronymic painting located above the main altar in the crowning of the reredos.
In 1923, major renovations were carried out. Bernier and Depaties rebuilt the façade in the Beaux-arts style, the central bell-tower, and renovated the pews and the floors. To complete the works, a five-bell carillon was purchased; the great bell weighs 10,167 pounds (3,795 kg).
St. Jean-l'Évangeliste church became cathedral in 1934 when the St. Jean diocese was erected. Bishop Anastase Forget, former College director in L'Assomption, became the first bishop.
The first rectory, built in 1830, was used as the parish priest's residence and public hall. The second one, built in 1881 alongside the vestry, is reminiscent of Second Empire styled French villas. The building was used as bishop's house from 1934 to 1969 when the chancery and the bishop's residence were moved to Longueuil. One part of this building houses the Richelieu Social Services Center while, from 1970 to 1993, the Congregation of Notre-Dame nuns used the remaining as a residence. Today, the bishop's house is now the Bishop Forget Center, a residence for senior citizens.
In 1956-57, Jean-Paul Trahan was commissionned to build a rectory next to the cathedral based on plans prepared by architect Félix Racicot. In 1988, the rectory on Jacques-Cartier street got back its old fonction as a bishop's house when it now house the auxiliary bishop.
The organ
The history of St-Jean the Evangelist Cathedral begins when the parish was established in 1826. The first church was built soon after. It is possible, even today, to take a sight at the remains of that first church which is now the vestry of the actual cathedral.
The first organ for the parish of St. Jean the Evangelist was bought in 1845 from the Ste-Therese de Blanville parish. The instrument, placed in the first church, had been built by Joseph Casavant. Afterthe enlargement of the church, in 1865, the churchwardens decided to buy a new organ. The first organ was then sold to the St. Sebastian parish in 1869 and it was destroyed during the first half of the 20th century. Few details are known concerning those two instruments which were relatively small in size. The 1865 organ was a 20-stop instrument.
In 1903, because there were too many repairs to be done on the instrument, it was decided to buy another new organ (the third one) at the cost of $9,000. According to Casavant archives, it was a 38-stop, 3-manual-and-pedal instrument and had 2,173 pipes. The stoplist was symphonic with a net prevalence of 8' foundation stops. There were reed stops in each division. Looking at old photos, we see a French-style console with terrace drawknobs on each side of the manuals. Étienne Guillet (1887-1955) was the first official organist at the Cathedral and he held the position for 48 years, until his death on March 14, 1955.
In 1934, the St. Jean diocese was established, today known now as St-Jean/Longueuil diocese. The parish church of St. Jean the Evangelist became the Cathedral. Under the responsibility of the Episcopal Corporation, a fourth instrument (the actual one) was built in 1957. It is more a reconstruction since a large portion of the 1903 instrument is still present in the actual instrument. Modifications and additions were made to the instrument to make it more complete and more versatile than it was during the first half of the 20th century. The main changes were:
Organists Conrad Letendre and Raymond Daveluy acted as consultants and, through their judicious opinions, largely contributed to the rebuilding of this magnificent instrument. The addition of mutations (nazard, tierce, larigot), while being carried out during the 1950's, indicates the start of classical organ revival at Casavant.
Apart from Rev. Léon Pépin, organist at the time of the rebuilding, the succeeding organists were: MM. Réjean Poirier, Lucien Poirier, Michel Phaneuf and Gilles Trahan, until the appointment of the actual organist, Mario Coutu, in 1985.
Paul Racine, art historian, wrote, in November 1997, in an article in the diocesan publication that «St. Jean Cathedral must be proud of its organ». Very legitimate pride, we might add. This instrument, of symphonic style, is particularly well suited for the romantic and modern literatures while being a more than adequate instrument for literature from other periods. With its 53 stops and 3,718 pipes, the large instrument is very well proportioned to the size of the cathedral without being aggressive and never losing its beautiful sound equilibrium. In a near future, restoration works will be required to bring back its original grandeur. The artistic value of such a patrimonial element must not be forgotten and be left to the slow pangs of death.
Mario Coutu
Titular organist
Grand-Orgue |
Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| Montre | 8' | Bourdon | 16' | |
| Principal étroit | 8' | Bourdon | 8' | |
| Flûte double | 8' | Gambe | 8' | |
| Prestant | 4' | Céleste | 8' | |
| Flûte à cheminée | 4' | Violon | 4' | |
| Quinte | 2 2/3' | Flûte traversière | 4' | |
| Doublette | 2' | Nazard | 2 2/3' | |
| Founiture | IV | Piccolo | 2' | |
| Trompette française | 8' | Tierce | 1 3/5' | |
| Basson (REC) | 16' | Plein Jeu | III | |
| Trompette (REC) | 8' | Basson | 16' | |
| Clairon (REC) | 4' | Trompette | 8' | |
| Hautbois | 8' | |||
| Voix humaine | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
| Trémolo | ||||
Positif |
Solo |
|||
|---|---|---|---|---|
| Principal | 8' | Gambe | 8' | |
| Mélodie | 8' | Grosse flûte | 8' | |
| Dulciane | 8' | Céleste | 8' | |
| Quintaton | 8' | Flûte | 4' | |
| Principal | 4' | Tuba | 8' | |
| Flûte d'amour | 4' | Hautbois | 8' | |
| Quinte | 2 2/3' | Basson (REC) | 16' | |
| Doublette | 2' | Trompette (REC) | 8' | |
| Larigot | 1 1/3' | Clairon (REC) | 4' | |
| Sifflet | 1' | Trémolo | ||
| Cymbale | III | |||
| Clarinette | 8' | |||
| Trémolo | ||||
Pédale |
|
|---|---|
| 1Résultant | 32' | Violon | 16' |
| Flûte ouverte | 16' |
| Bourdon | 16' |
| 2Violoncelle | 8' |
| 3Flûte | 8' |
| 4Bourdon | 8' |
| 2Basse chorale | 4' |
| 3Flûte | 4' |
| Bombarde | 16' |
| 5Trompette | 8' |
| 5Clairon | 4' |
| 1 | De /From: Flûte ouverte 16 + Bourdon 16 | |
| 2 | Extension: Violon 16 | |
| 3 | Extension: Flûte ouverte 16 | |
| 4 | Extension: Bourdon 16 | |
| 5 | Extension: Bombarde 16 |