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Warren & Son, 1892
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Dès novembre 1686, une chapelle est en construction sur le domaine seigneurial de Deschambault. En mars 1702, dans le fief de La Chevrotière, on achève de bâtir une autre chapelle dédiée à saint Antoine de Padoue.
La paroisse de Saint-Joseph de Deschambault, qui rassemble les habitants des seigneuries de Chavigny et de La Chevrotière, est fondée en 1713. Les démarches pour la construction d'une première église en pierre remontent à 1721. C'est Joseph Fleury d'Eschambault, sieur de la Gorgendière, qui reçut, en 1722, de Mgr. Jean-Baptiste de La Croix-Chevrières de Saint-Vallier, évêque de Québec, l'autorisation de bâtir sur un terrain qu'il offrit à cette fin. Le projet est retardé par nombreux démêlés judiciaires concernant l'emplacement du temple dans l'une des deux seigneuries. La construction débute enfin vers 1730 pour se terminer vraisemblablement en 1735, avec la célébration d'une première messe à Noël. Cet édifice fut endommagé par les Anglais à l'automne 1759 mais rétabli par la suite. À plusieurs reprises, on songea à l'agrandir; finalement, en 1833, la décision est prise de construire une nouvelle église.
En 1833, l'architecte et sculpteur Thomas Baillairgé dresse les plans d'une nouvelle église et sa construction débute, en 1835, sous la supervision d'Olivier Larue, maître maçon de Neuville, alors que François-Xavier Normand, maître charpentier, menuisier et entrepreneur de Trois-Rivières, exécute les ouvrages de bois. Lorsque les murs atteignent la hauteur des tribunes, Larue fait tailler une large pierre sur laquelle est gravé le millésime 1837. Le gros oeuvre terminé, l'église est bénie la veille de Noël 1838. Le bâtiment mesure 36 mètres (116 pieds) de longueur et 17,7 mètres (58 pieds) de largeur. La façade comporte deux clochers, placés légèrement en retrait de la partie centrale. Cette section est ainsi mise en évidence; son peu d'élévation et son apparence massive contribuent au caractère de lourdeur qui se dégage de l'ensemble.
En 1841, on fait encore appel à Thomas Baillairgé, cette fois pour fournir les plans de l'ornementation intérieure. En octobre 1841, André Paquet dit Lavallée, de Québec, s'engage à exécuter, dans un délai de 14 ans, tous les ouvrages de charpenterie, menuiserie, sculpture et peinture pour le parachèvement du temple. Il commence par faire le cintrage en vue de la construction d'une voûte de bois, puis il agrandit la tribune, décore toute l'église, apportant un soin particulier au choeur, et réalise la chaire, le banc d'oeuvre ainsi que la balustrade. D'autres travaux sont effectués entre 1850 et 1856, dont la sculpture des fonts baptismaux.
En 1873, les marguilliers font construire une seconde tribune et agrandir la première. Deux ans plus tard, l'architecte Zéphirin Perrault est chargé d'installer deux tribunes au transept et les trois autels (les autels actuels); le banc d'oeuvre, avec son dorsal, est alors déplacé de l'avant de la nef au long pan droit, face à la chaire.
En 1891, on propose l'agrandissement de la sacristie au sud du choeur ainsi que l'achat d'un carillon de trois cloches Paccard et d'un orgue, ce qui oblige, l'année suivante, à effectuer des travaux préparatoires à l'érection de la seconde tribune.
En 1905-6, toujours sous la direction de Zéphirin Perrault, on exécute divers travaux de menuiserie à l'église et à la sacristie, on rafraîchit le décor intérieur tandis que la maison Bernard Léonard fabrique et installe deux vitraux.
Les années 1950 inaugurent une campagne de rénovations importantes. Les élégants clochers néo-classiques de Baillairgé, à lanterne simple sur chambre cubique des cloches, sont remplacés, vers 1952, par ceux que nous connaissons aujourd'hui, à double lanterne reposant sur une nouvelle maçonnerie de pierre. En 1956, l'architecte Émile-Georges Rousseau démolit la seconde tribune et remplace tous les bancs et les stalles du choeur. À cette occasion, on ramène le banc d'oeuvre du long pan droit à l'avant de la nef, en enlevant toutefois le dorsal, et on supprime la partie supérieure du maître-autel. L'église est classée « monument historique » en 1964.
L'église abrite de nombreuses oeuvres d'art, dont plusieurs proviennent du premier temple. Restaurées en 1997-98, six statues sculptées entre 1820 et 1824 par Thomas Baillairgé et son père, François, forment un ensemble remarquable de la statuaire ancienne du Québec. Les deux tableaux, situés dans les tribunes du transept, sont attribués à Jean Baptiste Roy-Audy. Les vitraux du choeur et du transept, à l'exception des deux Léonard, ont été confectionnés par la maison Wisintainer. L'église renferme aussi de superbes pièces d'orfèverie, sont plusieurs de François Ranvoyzé et de Laurent Amiot, célèbres orfèvres du XVIIIe siècle.
L'orgue
Warren & Son, de Toronto, est l'auteur de cet orgue, installé en 1892. L'instrument venait remplacer un harmonium allemand Schiedmayer utilisé pendant une vingtaine d'années. Alexis Dufresne fit des démarches auprès des marguilliers et du curé afin que l'église fut dotée d'un instrument de la maison Warren. Les pourparlers furent entrepris avec cette maison de Toronto. Un contrat fut signé, le 19 mai 1892, entre Ulrich Rousseau, prêtre et curé et Chasto Abrey pour S.R. Warren & Son, Organ Builders, 39 McMurrich Street, Toronto, Ont. Le texte en français est conservé dans les archives paroissiales.
L'orgue fut installé, en 1893, dans la tribune supérieure sud dans un espace très restreint, ce qui explique la forme inusitée de certains tuyaux de la Sous Basse (extrémité supérieure recourbée). L'instrument a été déplacé, en 1904, dans la tribune supérieure-ouest où il se trouve depuis.
Le buffet de l'orgue est en bois de châtaignier. Le pédalier est droit.
En 1966, Karl Wilhelm a fait un relevage soigné de l'orgue au complet en y installant une tuyauterie de Trompette pour remplacer celle qui était disparue, on ne sait trop quand ni comment. Soulignons à ce sujet l'heureuse influence de l'abbé Antoine Bouchard, la vigilance et la tenacité de l'antiquaire Du Sault et de l'organiste de la paroisse.
En 1989, profitant de travaux de recuirage du réservoir, il a rebranché le mécanisme de la pompe à main d'origine. Si bien que depuis, l'organiste peut choisir d'alimenter les tuyaux, soit avec la soufflerie électrique, soit plutôt avec la pompe manuelle: précieux et rare vestige d'une technique à peu près disparue.
Ici, suivant l'habitude des Warren, la tuyauterie de grande dimension est en zinc, et comme on faisait souvent à l'époque, c'est une Basse de Bourdon 8' qui assure l'octave grave des jeux flûtés ou étroits de 8'.
L'orgue a été classé « bien culturel » en 1965 par le Ministère de la Culture.
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From November 1686, there is a chapel being built in the seigniorial territory of Deschambault. In March 1702, in the La Chevrotière's fief, another chapel, dedicated to St. Anthony of Padoua, is built.
The St. Joseph's parish, that regroups the population from both Chavigny and La Chevrotière seigneuries, is established in 1713. The first request for the construction of a first stone church dates back to 1721. Joseph Fleury d'Eschambault, sieur de la Gorgendière, received, in 1732, from Bishop Jean-Baptiste de La Croix-Chevrières de Saint-Vallier, of Quebec City, the authorization to build a church on a land he bequested for that purpose. The project was delayed due to several judicial procedures concerning the location of the new church in one of the seigneuries. The construction can, at least, begin by 1730 and will, in all likelihood, be completed by Christmas 1735. In the fall of 1759, the building was damaged by the English troops but it was quickly restored. In the following years, several projects were submitted to enlarge the church; finally, in 1833, it was decided to build a new one.
In 1833, architect and sculptor Thomas Baillairgé prepared the plans for a new church and its construction began, in 1835, under the supervision of Olivier Larue, a master mason from Neuville, while François-Xavier Normand, master carpenter and contractor, is responsabile for all woodwork. When the walls reached the height of the galleries, Larue had a large stone cut and engraved with the year 1837. When the framework was completed, the church was blessed on Christmas Eve 1838. The building is 116 feet (36 m) long by 58 feet (17.7 m) wide. The façade has two towers, located slightly beneath the central section. This latter section is brought out; its lack of elevation and its bulky look contribute to the heaviness nature that emerges from the building.
In 1841, Thomas Baillairgé was again called in, this time to prepare the plans for the interior decoration. In October 1841, André Paquet dit Lavallée, from Québec City, accepted to execute, over a 14-year period, all carpentry, woodwork, sculpture and painting for the completion of the church. He started with the bending in order to install a wooden vault, then he enlarged the gallery, decorated the whole church, giving special attention to the chancel, and executed the pulpit, the churchwardens' pew, and the communion rail. Other works were carried out between 1850 and 1856, among them the sculpture of the baptismal fonts.
In 1871, the churchwardens decided to add a second gallery and to enlarge the first one. Two years later, architect Zéphirin Perrault was commissionned to install two galleries in the transepts and three altars (the actual ones); the churchwardens' pew, along with its dorsal, was moved from the front of the nave to the right wall, facing the pulpit.
In 1891, the vestry is enlarged on the south side of the chancel, a three-bell carillon cast by Paccard and an organ are purchased. This last purchase required, the following year, to execute preparatory works for a second gallery.
In 1905-6, again under Zéphirin Perrault's supervision, carpentry works were carried out in the church and in the vestry, the interior decoration is freshened up while Bernard Léonard executed and installed two stained glass windows.
Major renovations were carried out in the 1950's. Baillairgé's elegant neo-Classic spires, with unique lantern and cubic chamber for the bells, were replaced, around 1952, with the existing ones that rest on a new stone masonry. In 1956, architect Émile-Georges Rousseau demolished the second gallery and replaced all pews and chancel stalls. At the same time, he brought back the churchwardens' pew from its location along the right wall to the front of the nave but without its dorsal, and he eliminated the top section of the main altar. The church was classified as an "historical monument" in 1964.
The church houses many art masterpieces, many coming from the first church. Restored in 1997-98, the six statues sculpted between 1820 and 1824 by Thomas Baillairgé and his father, François, represent a remarkable output from Quebec's ancient statuary artwork. Two paintings, located in the transept galleries, are attributed to Jean-Baptiste Roy-Audy. The stained glass windows in the chancel and in the transept, except for the two Leonards, were executed by the Wisintainer firm. The church also owns magnificent goldsmith and silversmith works, many of them executed by François Ranvoyzé and Laurent Amiot, renowned 18th-century artists.
The organ
Warren & Son, of Toronto, built this organ installed in 1892. The instrument replaced a German Schiedmayer reed organ which was used for about twenty years. Alexis Dufresne made representations to the wardens and the parish priest in order for the church to purchase a Warren organ. Discussions were undertaken with the Toronto firm and on May 19th, 1892 a contract was signed between Ulrich Rousseau, parish priest, and Chasto Abrey for S.R. Warren & Son, Organ Builders, 39 McMurrich Street, Toronto, Ont. The French text of this contract is preserved in the parochial archives.
The organ was installed, in 1893, in the south transept, in a very narrow area. This explains the rather unusual shape of certain pipes of the Sous Basse (bent upper part). The instrument was reinstalled, in 1904, in the west upper gallery where it still stand.
The organ case is made of chesnut-wood. The pedalboard is straight.
In 1986, Karl Wilhelm carefully restored the whole organ and installed the Trompette pipework replacing the one that disappeared, we do not know when and how. Let us emphasize the successful influence played by Rev Antoine Bouchard, the watchfulness and tenacity of antique dealer Du Sault and of the parish organist.
In 1989, while releathering the reservoir, the original manual pump mechanism was reconnected. From now on, the organist has the choice of wind supply using the electric blower or the manual pump: a precious and rare witness of a technique now almost extinct.
Following Warren's practice, the large pipes are made of zinc and, as it was often done at that time, it is a Basse de Bourdon 8' that plays the grave octave for all 8' flue stops.
The organ has been classified as a "cultural asset" in 1965 by the Quebec Ministry of Culture.
Grand-Orgue |
Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| Montre | 8' | 1Principal | 8' | |
| Dulciane | 8' | 2Salicional | 8' | |
| 3Clarabella | 8' | 2Voix céleste | 8' | |
| 3Bourdon (basse) | 8' | 3Bourdon (dessus) | 8' | |
| Prestant | 4' | 3Bourdon (basse) | 8' | |
| Flûte harmonique | 4' | Flauto traverso (harmonique) | 4' | |
| Doublette | 2' | Hautbois | 8' | |
| Mixture | III | |||
| Trompette | 8' | |||
Pédale |
|
|---|---|
| 1Sous Basse | 16' |
| 4Bourdon | 16' |
| 1 | métal et bois / metal and wood |
| 2 | 46 notes |
| 3 | Bourdon (basse) en bois / (bass notes) in wood |
| 4 | en bois / made of wood |