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Casavant, Opus 26/1034, 1891/1924/1991/2002
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Bien que datant du XIXe siècle, la basilique Notre-Dame de Montréal est la digne descendante des grandes cathédrales du Moyen-Âge. Comme Chartres ou Notre-Dame de Paris, elle fut érigée par la ferveur et la piété populaires. Sa construction s'étala sur de nombreuses années et refléta le talent et l'inspiration des artistes et des artisans du temps. Comme ses consoeurs européennes, elle fut le centre de la vie religieuse et culturelle. Sa silhouette élégante domina la ville pendant longtemps.
Aujourd'hui, malgré les grands édifices qui l'entourent, la basilique Notre-Dame conserve toute sa majesté d'antan. Ses deux tours jumelles s'élèvent au-dessus de la place d'Armes, au coeur du Vieux-Montréal.
L'histoire de la paroisse Notre-Dame remonte aux origines de Montréal, fondée en 1642 par Paul de Chomedey de Maisonneuve. Jusqu'en 1659, les fidèles se rassemblent dans une modeste chapelle en bois. Elle est desservie par les Jésuites jusqu'en 1657, date de l'arrivée des Sulpiciens à Ville-Marie (Montréal) qui prennent en charge la paroisse. On construit ensuite une autre chapelle, attenante à l'Hôtel-Dieu, le premier hôpital de la ville.
Une église en pierre est construite en 1672 et 1683. Elle était située en plein centre de l'actuelle rue Notre-Dame. Vers 1800, faute d'espace, Beaucoup de paroissiens doivent entendre la messe sur le parvis. Il est question de reconstruction mais ce n'est qu'en 1823 que les marguillers approuvent les plans de l'église actuelle. De cette église de style baroque, il ne reste que le maître-autel, attribué au sculpteur Louis Quévillon, qui orne maintenant la chapelle Sainte-Marguerite-d'Youville dans la basilique.
Construite entre 1824 et 1829, la basilique Notre-Dame est l'oeuvre d'un architecte irlandais et protestant, James O'Donnell. Établi à New-York, il jouissait alors d'une excellente réputation en matière de style gothique. Décédé en 1830, O'Donnell n'eut pas le plaisir de voir son oeuvre achevée. Mais s'étant converti au catholicisme avant de mourir, il peut être enterré sous la basilique. L'emplacement est indiqué par une plaque en marbre.
L'architecte John Ostell termina la construction des tours. La première à être complétée, en 1841, fut la tour ouest, baptisée « Persévérance » et haute de 63 m, qui loge le gros bourdon. Cette célèbre cloche d'airin, surnommée « Le Gros Bourdon » et appelée « Jean-Baptiste » pèse 11 263 kg. Elle ne résonne que pour les grandes occasions. La seconde tour, terminée en 1843, appelée « Tempérance », mesure 61 m de hauteur et abrite un carillon de 10 cloches.
À la sobre élégance de l'extérieur succède un fabuleux décor polychrome à l'intérieur. Benjamin-Victor Rousselot, curé de Notre-Dame entre 1866 et 1882, supervise les travaux d'embellissement de l'intérieur du bâtiment, dont la principale inspiration est la Sainte-Chapelle de Paris. Confiée à Victor Bourgeau, le projet de décoration est déposé dès 1869 mais les travaux ne débutent qu'en 1872 et emploient une cinquantaine d'artisans ainsi que la participation des plus grands artistes du temps. Ils seront complétés vers 1880.
La voûte, constellée d'étoiles de feuilles d'or, est percée de trois rosaces en verre peint. Commandés en 1929 pour le centenaire de l'église, les flamboyants vitraux du rez-de-chaussée retracent l'histoire de Ville-Marie et furent exécutés à l'atelier Francis Chigot de Limoges, en France, selon les dessins de Jean-Baptiste Lagacé.
Semblant se découper dans un ciel bleu d'azur, le maître-autel est surmonté d'un retable impressionnant, issus tous deux de l'atelier du sculpteur Henri Bouriché. Dessinée par Bouriché, modifiée par Bourgeau et sculptée en noyer noir, la chaire, réalisée entre 1883 et 1885, incorpore plusieurs statues de Louis-Philippe Hébert, dont celles de Ézéchiel et Jérémie à la base.
Véritable galerie d'art religieux, la basilique Notre-Dame possède un charme tout à fait personnel et irrésistible. Sa beauté et la rechesse de ses ornements n'ont pas d'équivalent.
L'orgue
La musique d'orgue a presque 300 ans d'histoire à la basilique Notre-Dame de Montréal. Le premier orgue, à un clavier manuel et dénué de pédalier, est installé entre 1701 et 1705, année où l'on commence à verser un salaire d'organiste. C'est sur cet instrument que Jean Girard, clerc sulpicien, arrivé de Bourges en 1724, jouera pendant plus de 40 ans. C'est lui qui apportera, en Nouvelle-France, le manuscrit maintenant connu sous le nom de Livre d'orgue de Montréal, le plus important manuscrit connu de musique française au XVIIè siècle. En 1792, la paroisse fait l'acquisition d'un instrument du facteur anglais Holland (2 claviers manuels, pas de pédalier, 7 jeux). Le troisième instrument arrive à Notre-Dame par suite d'un échange avec la paroisse de Nicolet. Il est plus considérable que le précédent puisqu'il possède 23 jeux répartis entre 2 claviers manuels et un pédalier. Il servira jusqu'en 1858, année de l'installation d'un Warren de 20 jeux, instrument dont le devis original comptait 89 jeux répartis entre quatre claviers manuels et pédalier!
En 1885, le curé de la paroisse veut doter l'église du plus gros orgue du pays. Après avoir hésité sur le choix du facteur, le contrat est finalement accordé aux frères Samuel et Claver Casavant qui auront 6 ans pour réaliser le projet. à cette époque, les frères Casavant cherchent à appliquer, à l'orgue de Notre-Dame, les découvertes du Français Albert Peschard. Un des frères se rendra même en Europe pour s'enquérir des derniers développements concernant l'utilisation de l'électricité dans l'orgue. L'instrument de Notre-Dame sera le premier grand quatre-claviers (81 jeux) des frères Casavant. Il sera entendu la première fois, à la messe de Pâques, le 28 mars 1891. Il sera inauguré en mai suivant par une série de trois récitals d'un organiste américain. L'orgue de Notre-Dame n'est cependant pas complètement électrifié: le tirage des jeux et les pédales de combinaisons sont électriques mais l'orgue, à traction mécanique, utilise des machines pneumatiques.
Les frères Casavant eux-mêmes vont apporter des modifications à l'orgue en 1924: électrification et console neuve, ajout de la Bombarde 32' et de la Harpe (qui disparaîtra plus tard); le Positif devient expressif sous l'influence d'organismes éminents dont Marcel Dupré; on ajoute même les sommiers de la sixième octave si bien que les claviers manuels compteront 73 notes. En 1936, on doit remplacer les sommiers originaux puisque la paroisse, dûrement touchée par la crise économique, ne chauffe pas suffisamment la basilique. En 1957, l'Euphone 16' du Récit disparaît au profit d'un Larigot 1 1/3'. On installe la troisième console en 1962 et neuf ans plus tard, les sommiers retrouvent 61 notes et l'on enlève l'expression du Positif. Finalement, en 1991, Casavant Frères apporte de nouveaux changements: ajout d'un combinateur électronique et de huit nouveaux jeux.
Signalons que tous les grands organistes français du XXè siècle (Widor, Vierne, Dupré, Marchal, Litaize, Langlais) ont défilé à la tribune de cet orgue.
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Though dating back to the 19th century, Montreal's Notre-Dame Basilica is a worthy descendant of the great cathedrals of the Middle Ages. Like Chartres or Notre-Dame in Paris, it was erected in response to the fervor and piety of the people. Its construction, staggered over a number of years, reflects the talents of the artists and craftsmen of the day. Like the European institutions, it was the centre of religious life and culture. Its elegant silhouette long dominated the city.
Today, despite the large buildings which have sprung up around it, Notre-Dame Basilica still retains the majesty of its early years, its twin towers rising above Place d'Armes at the heart of Old Montreal.
The history of Notre-Dame parish dates back to the origins of Montreal, which was founded in 1642 par Paul de Chomedey de Maisonneuve. Until 1659, the faithful gathered in a simple wooden chapel. It was ministered to by the Jesuits until 1657, the year the Sulpicians arrived in Ville-Marie (Montreal) and took over the parish. Another chapel, adjoining the Hôtel-Dieu - the city's first hospital - was then built.
A stone church was built between 1672 and 1683. It was located right in the middle of the actual Notre-Dame Street. By 1800, many parishioners had to listen to mass in the square in front of the chapel because it was no longer large enough to accommodate everyone. Even though there was talk of building of a new structure, it was not until 1823 that the churchwardens approved the plans for today's church. Only the high alter crafted by sculptor Louis Quéville remains of this original church. It is now house in the basilica st. Marguerite d'Youville's chapel.
Built between 1824 and 1829, Notre-Dame Basilica is the work of James O'Donnell. An Irish Protestant architect from New York, he had earned an excellent reputation for Gothic architecture. He died in 1830 before his masterpiece was completed. However, as he had converted to Catholicism before his death, he was buried beneath the basilica. The location of his tomb is marked by a marble plaque.
Architect John Ostell completed the construction of the towers. The first tower to be completed, in 1841, the West Tower, called « The Perseverance », houses « Le Gros Bourdon », a huge bronze bell nicknamed « Jean-Baptiste ». It weighs 11,263 kg and only rings out on important occasions. The East Tower, known as « The Temperance » and completed in 1843, is 61 meters in height and holds a ten-bell catillon while .
The subdued elegance of the exterior gives way to the interior's Magnificient polychrome decor. Benjamin-Victor Rousselot, Notre-Dame's parish priest from 1866 until 1882, supervised the work inside the Basilica. Its design was inspired in large part by the Saint-Chapelle in Paris. The interior decor was entrusted to Victor Bourgeau who presented his concept in 1869, but work was not started until 1872 and enlisted the services of some fifty artisans and some of the finest artists of the day. Work was completed about 1880.
The vault, dotted with gold-leaf stars, is perforated by three rose windows of painted class. Ordered in 1929 for the church's centenary, the flamboyant stained-glass windows on the ground floor depict the social and religious history of Ville-Marie. They were executed in Francis Chigot's workshop in Limoges (france) from designs by Jean-Baptiste Lagacé.
Appearing to rise into a blue sky, the high altar stands beneath an impressive altarpiece. Both the altar and the altarpiece are from the workshop of sculptor Henri Bouriché. Designed by Bouriché, revised by Bourgeau and sculpted from black walnut, the pulpit, built between 1883 and 1885, incorporates several statues by Louis-Philippe Hébert, including Ezechiel and Jeremiah at the base.
A genuine gallery of religious art, Notre-Dame Basilica has a throughly individual and irresistible charm. Its beauty and rich ornamentation are unequalled.
The Organ
Organ music has almost a 300-year history at the Notre-Dame Basilica in Montreal.
The first organ, a one-manual instrument without pedal was installed between 1701 and 1705, the year when a salary was ever paid to an organist. It is on this instrument that, Jean Girard, a sulpician priest, emigrated from Bourges in 1724, will play for more than 40 years. He would bring, into the New France, a manuscript now known as Livre d'orgue de Montréal, the most important French music manuscript in the 17th century. In 1792, the parish bought an instrument built by the English organ builder Holland (2 manuals, no pedal, 7-stop). A third instrument was installed following a switch with the Nicolet parish. The instrument is larger since it is a 23-stop instrument divided among 2 manuals and pedal. It was used until 1858 when a Warren 20-stop instrument was installed. The original stop-list called for a instrument with 89 stops divided over 4 manuals and pedal!
In 1885, the parish priest wanted the church to have the largest organ in the country. After hesitation, the contract was awarded to Samuel and Claver Casavant who would have 6 years to complete the project. At that time, the Casavant brothers wanted to apply to the Notre-Dame instrument, the discoveries made by the Frenchman Albert Peschard. One of the brothers would even go to Europe to inquire about the latest developments concerning the use of electricity in organ building. The Notre-Dame instrument would be the first 4-manual (81 stops) Casavant instrument. It was heard for the first time, on Easter Sunday, March 28, 1891 and inaugurated by a serie of 3 concerts given by an American organist. The organ is not completely electrified: stop action and combination pedals are electrified but the mechanical traction organ uses pneumatic machines.
Casavant brothers will themselves modify the organ in 1924: new electrified console, addition of the 32' Bombarde and Harp (which will later be removed); the Positif is turned expressive under the influence of well-known organists namely Marcel Dupré; wind-chests are added for the 6th octave so that manuals have 73 notes. In 1936, original wind-chests have to be replaced because the parish, greatly affected during the economic crisis period, has reduced the heating in the basilica. In 1957, the 16' Euphone (Récit) is removed and replaced with a 1-1/3' Larigot. A third console is installed in 1962 and nine years later, the wind-chests are brought back to 61 notes and the expression is removed from the Positif. Finally in 1991, Casavant Frères brought new changes: addition of an electronic combinator and eight new stops.
All 20th-century great French organists (Widor, Vierne, Dupré, Marchal, Litaize, Langlais) have played this instrument.
II. Grand Orgue |
III. Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| 1,4Montre | 32' | Gambe | 16' | |
| Montre | 16' | Principal | 8' | |
| Bourdon | 16' | Flûte harmonique | 8' | |
| Montre | 8' | Bourdon | 8' | |
| Principal | 8' | Viole de gambe | 8' | |
| Salicional | 8' | Voix céleste | 8' | |
| Gambe | 8' | Octave | 4' | |
| Flûte | 8' | Violina | 4' | |
| Bourdon | 8' | Flûte octaviante | 4' | |
| Prestant | 4' | Nazard | 2 2/3' | |
| Violon | 4' | Octavin | 2' | |
| Flûte harmonique | 4' | 2Tierce | 1 3/5' | |
| Quinte | 2 2/3' | Larigot | 1 1/3' | |
| Doublette | 2' | Piccolo | 1' | |
| Sesquialtera 2 2/3' | II | Mixture 2' | III | |
| 1Grande Fourniture 2 2/3' | II-V | 3Cornet 8' (TC) | V | |
| Fourniture 2' | V | Basson | 16' | |
| 1Cymbale 2/3' | IV | Trompette | 8' | |
| 1,5Grand Cornet 16' | V | 3Hautbois-Basson | 8' | |
| 1Cornet 8' | V | 3Voix humaine | 8' | |
| Bombarde | 16' | Clairon | 4' | |
| 3Posaune | 8' | Tremblant | ||
| Trompette | 8' | |||
| Basson | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
IV. Solo |
I. Positif |
|||
|---|---|---|---|---|
| Quintaton | 16' | Bourdon | 16' | |
| Violoncelle | 8' | Principal | 8' | |
| Flûte traversière | 8' | 1Bourdon | 8' | |
| Salicional | 8' | Mélodie | 8' | |
| Salicional céleste (TC) | 8' | Quintaton | 8' | |
| Flûte harmonique | 4' | Salicional | 8' | |
| Piccolo | 2' | Gemshorn | 4' | |
| Mixture 1' | III | Flûte harmonique | 4' | |
| 1Cornet 8' (GO) | V | 2Nazard | 2 2/3' | |
| Clarinette | 8' | Piccolo | 2' | |
| Musette | 8' | 2Tierce | 1 3/5' | |
| 3Tuba mirabilis | 8' | Carillon 2 2/3' | III | |
| Tuba clairon | 4' | 2Plein jeu harmonique 2' | III-V | |
| 1Trompette en chamade (ext) | 16' | Basson | 16' | |
| 1Trompette en chamade | 8' | Cromorne | 8' | |
| 1Trompette en chamade (ext) | 4' | Cor anglais | 8' | |
| Tremblant | ||||
Pédale |
|
|---|---|
| Principal | 32' |
| 1Résultante | 32' |
| 1Montre (GO) | 16' |
| Flûte | 16' |
| Contrebasse | 16' |
| Violon | 16' |
| Bourdon | 16' |
| Bourdon doux (GO) | 16' |
| 1Grande Quinte | 10 2/3' |
| Violoncelle (ext) | 8' |
| Flûte (ext) | 8' |
| Bourdon | 8' |
| Flûte (ext) | 4' |
| Bourdon (ext) | 4' |
| Mixture 2 2/3' | III |
| Contre bombarde | 32' |
| Bombarde | 16' |
| Basson | 16' |
| Trompette (ext) | 8' |
| Basson (ext) | 8' |
| Clairon | 4' |
Légende / Legend
| 1 | Jeu neuf ou révisé en 2002 / New or revised stop in 2002 | |
| 2 | Ajout en 1991 / Addition in 1991 | |
| 3 | Jeux Cavaillé-Coll / Cavaillé-Coll stop | |
| 4 | Pédale 32' + Montre 16' GO / Pedal 32' + Montre 16' GO | |
| 5 | Cornet 8' GO à partir de c1 / Cornet 8' GO from c1 |
Notes additionnelles / Additional notes:
Autres caractéristiques / Other details: