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Casavant, Opus 70, 1896
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Le territoire qu'occupent la paroisse Saint-Alexandre et les paroisses avoisinantes fait partie des seigneuries de Sabrevois et de Bleury, concédées le 4 avril 1733 au Sieur Charles de Sabrevois de Bleury. Un premier groupe d'anglophones, Anglais et Irlandais pour la plupart, commencent à défricher le territoire vers 1770, alors que les francophones n'arriveront qu'en 1838.
En 1849, les habitants francophones de la région se plaignent de la distance qui les sépare des églises les plus proches. En réponse à leur demande, le 8 novembre 1850, Mgr. Ignace Bourget, archevêque de Montréal, érige canoniquement la paroisse qu'il dédie à Saint-Alexandre. Pourquoi cette dédicace? La paroisse fut dédicacée ainsi parce qu'elle était voisine de celle de Saint-Athanase. On sait que saint Athanase (328-373) succéda à saint Alexandre (313-328) sur le trône épiscopal de la ville d'Alexandrie.
La paroisse Saint-Alexandre a été détachée des paroisses de Saint-Athanase d'Iberville, Saint-Georges de Henryville et de Saint-Grégoire-le-Grand de Mont-Saint-Grégoire. Son territoire ne demeurera pas toujours intact. Il s'agrandira d'abord le 21 septembre 1857 d'une partie de la paroisse Sainte-Brigide et l'année suivante, le 26 décembre 1858, d'une autre portion de territoire soustraite à la paroisse de Saint-Grégoire-le-Grand. Toutefois, à l'érection de la paroisse de Sainte-Sabine, en 1888, une partie de la paroisse est cédée à cette nouvelle paroisse.
Le 1er janvier 1851, l'abbé Isidore Gravel, curé de Saint-Athanase d'Iberville y célèbre la première messe. Jusqu'à 1854, le service religieux sera assuré par le curé Gravel et ses successeurs. Une première élection de marguilliers a lieu le 23 février 1851 et, en juin 1851, Onésime Généreux et Olivier Morin sont chargés de commencer la construction d'une église et d'un presbytère. Mgr. Jean-Charles Prince, premier évêque de Saint-Hyacinthe, vient bénir cette église le 2 juillet 1854 et ce n'est que le 22 septembre suivant qu'un premier curé-résident est nommé, l'abbé Olivier Désorcy. L'édifice de pierres est rectangulaire avec choeur en saillie et abside à pans coupés. Les murs intérieurs sont de plâtre et la voûte, en arc brisé, est recouvert de toiles marouflées. Comme cette église devenait rapidement trop petite, elle fut agrandie en 1858 et une sacristie est ajoutée, le tout au coût de 900 livres. Plus tard, le 7 mars 1869, le clocher, qui menaçait de tomber en ruines, est reconstruit. Mgr. Louis-Zéphirin Moreau, évêque de Saint-Hyacinthe, vient consacrer l'église le 5 octobre 1882. Les trois cloches actuelles, coulées par la firme Paccard, d'Annecy-le-Vieux (France), ont été bénites par Mgr Alexis-Xiste Bernard, évêque de Saint-Hyacinthe, le 17 septembre 1912.
En 1927, l'église subit un grand nettoyage en vue des célébrations du 75e anniversaire de la paroisse. En 1930, l'électricité est installé dans l'église. En 1953, comme le clocher menace de crouler à cause de l'effrittement du ciment qui soutient les pierres, une charpente intérieure de poutres de fer est installée.
Le clocher et la façade sont l’œuvre de Victor Bourgeau. L’église représente un bel exemple d’architecture néogothique, à l’exemple de ce qui se fait aux États-Unis. Par ses voûtes en ogives, ses colonnes, ses flèches élancées et ses contreforts purement décoratifs, elle s’inspire directement de l’époque médiévale. L'édifice représente également un exemple d’église urbaine construite dans un milieu rural. L’intérieur de l’église, également conçu par Victor Bourgeau, contient encore presque tous les éléments du décor originel et ce, malgré quelques restaurations. Les remarquables vitraux proviennent de la maison Hobbs, de Montréal.
Actuellement, la paroisse fait partie de la région pastorale du Sud et de l'unité pastorale des Seigneuries du Lac avec les paroisses Saint-Georges d'Henryville, Sainte-Anne de Sabrevois, Saint-Sébastien, et Saints-Martyrs-Canadiens de Venise-en-Québec.
L'orgue
Le 9 février 1896, la fabrique se dote d'un orgue au coût de 2 000 $ de la maison Casavant Frères, de Saint-Hyacinthe. Comme l'électricité était encore inconnue au moment de sa construction et de son installation, son soufflet était activé manuellement.
Originalement, l'orgue était installé dans le renforcement du clocher, mais il fut ultérieurement avancé à la suite de la chute d'une cloche. Le rapport de cet incident n'est qu'oral; aucune trace écrite n'a été trouvé dans les archives de la paroisse. Toutefois, au moment du démontage, lors de la restauration de 2010 exécutée par les facteurs Juget-Sinclair, de nombreux marquages confirment le démontage de l'instrument ainsi qu'une tuyauterie hétéroclite très endommagée et des gravures du sommier du Grand-Orgue pleines de gravats. L'état de conservation de l'instrument, à l'exception de la tuyauterie de métal, était excellent. Le buffet est en pin blanc et tilleul avec une finition faux-chêne.
Le portrait qui se dégage de cet instrument est celui d'une conception bien structurée où tout semble tomber à sa place. Beaucoup de pièces de mécanique, en particulier pour le fonctionnement des pompes qui sont en fonte, signe d'une méthode et d'une production bien établie chez le facteur. L'agencement intérieur est traditionnel tel que retrouvé dans tous les orgues mécaniques de la période victorienne. Le soubassement est occupé par un grand réservoir et ses pompes. Au-dessus, deux traverses relient l'avant du buffet au dos de l'orgue sur lesquelles sont posés les claviers et toutes les mécaniques. La tuyauterie de tous les plans sonores est au même niveau. Le Grand-Orgue et le Récit sont en enfilade derrière la façade, ceinturés de chaque côté par la Pédale. Cet agencement est un exemple parfait d'une organisation horizontale, en profondeur, qui génère un son diffus, accentué par un buffet sans toit.
Les claviers sont recouverts avec de l'ivoire. L'instrument est muni d'une pédale d'expression. Une décennie auparavant, on retrouvait encore la cuillère traditionnelle. Les tirants de jeux sont en terrasses avec des boutons de registres obliques et les inscription gravées sur de l'ivoire. Le système de combinaison, particulièrement intéressant du point de vue musical, est opéré par trois pédales d'une bonne maniabilité.
Le toucher de l'orgue est confortable, très égal en poids de la basse au dessus. Les facteurs ont employé un système de soupape brisée qui allège grandement l'effort sous les doigts et permet une alimentation généreuse en vent. Les équilibres sonores sont basés sur une esthétique en demi-teinte. Ce n'est pas un instrument puissant. Les fonds et les anche sont bien représentés. Principaux, Gambes et Flûtes apportent une grande variété de timbres et d'intensités : de la toute petite Dulciane à l'opacité de la Mélodie ou au lyrisme romantique de la Clarinette. La relation des harmoniques supérieures est surprenante. Plus on monte dans la pyramide harmonique, plus l'intensité sonore diminue.
Cette restauration a permis d'avoir une meilleure compréhension du travail que faisaient les facteurs à cette date, car toute cette tradition va se perdre au début du XXe siècle en faveur de l'orgue pneumatique et électropneumatique. Le renouveau de l'orgue mécanique qui a eu lieu dès la fin des années 1950 au Québec avec son esthétique néo-baroque a jugé ces instruments avec un peu de dédain.
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The territories of St. Alexandre and the neighbouring parishes are part of the Sabrevois and Bleury seigniories, granted on April 4th, 1733 to Sir Charles de Sabrevois de Bleury. A first group of mostly English-speaking British and Irish began clearing the territory by 1770, while the French-speaking settlers will arrive only in 1838.
In 1849, the French-speaking population complained about the distance they had to travel to get to the closest churches. In reply to their request, on November 8th, 1850, Archbishop Ignace Bourget, of Montreal, canonically erected the parish which he dedicated to St. Alexandre. Why this dedication? The parish was so dedicated because it was neighbouring the St. Athanase one. It is known that St. Athanase (328-373) succeeded St. Alexandre (313-328) on the Alexandria episcopal throne.
St. Alexandre parish was carved out from the parishes of St. Athanase d'Iberville, St. George de Henryville and from St. Grégoire-le-Grand of Mont-Saint-Grégoire. Its territory will not remain unmodified. It will expand on September 21st, 1857 with part of St. Brigide parish and the following year, on December 26th, 1858, with part of St. Grégoire-le-Grand parish. Nevertheless, when St. Sabine parish is erected in 1888, part of the parish was transferred to the new parish.
The first mass was celebrated in St. Alexandre on January 1st, 1851 by Father Isidore Gravel, parish priest of St. Athanase d'Iberville. Until 1854, church services will be presided by Father Gravel and his successors. A first election of churchwardens took place on February 23rd, 1851 and, in June 1851, Onésime Généreux and Olivier Morin are entrusted to start building a church and a presbytery. Bishop Jean-Charles Prince, of St. Hyacinthe, came to bless the church on July 2nd, 1854 and the first residing parish priest, Father Olivier Désorcy, is appointed only on September 22nd. The stony building is rectangular with a protruding chancel and a cut wall apse. The interior walls are covered with plaster and the pointed vault is covered with pasted paintings. Soon the church became too small, it was enlarged in 1858 and a sacristy is added, at a total cost of 900 pounds. Later, on March 7th, 1869, the bell tower, which threatened to fall, was rebuilt. Bishop Louis-Zéphirin Moreau, of St. Hyacinthe, came to inaugurate the church on October 5th, 1882. The actual three bells, cast by Paccard, of Annecy-le-Vieux (France), were blessed by Bishop Alexis-Xiste Bernard, of St. Hyacinthe, on September 17th, 1912.
In 1927, to celebrathe the parish's 75th anniversary, the church was throughly cleaned. In 1930, electricity was installed in the church. In 1953, as the bell tower threatened to collapse due to the desintegration of cement supporting the stones, an internal iron framework was installed.
The church facade and bell tower were designed by Victor Bourgeau. The church is a fine example of neoGothic architecture, like it was generally used in the United States. With its ogival vaults, its pillars, its high spires and its purely decorative buttresses, the building draws from the medieval era. The building is also typical of an urban church built in a rural environment. The church interior, also designed by Victor Bourgeau, still contains almost all its original elements in spite of some restorations. The remarkable stained glass windows were produced by Hobbs, of Montreal.
Nowadays, the parish is part of the South pastoral region and a member of the Lake Seigniories pastoral unit along with surrounding parishes of St. Georges d'Henryville, St. Anne de Sabrevois, St. Sébastien, and Sts. Martyrs-Canadiens of Venise-en-Québec.
The organ
On February 9th, 1896, the church acquires an organ at the cost of $2,000 from Casavant Frères, of St. Hyacinthe. As electricity was not available at the time, its bellows were manually operated.
Originally, the organ was installed in the fortifications of the bell tower, but it was later moved forward following the fall of a bell. The report about this incident is only oral; no written report has been found in the parochial archives. Nevertheless, when the instrument was dismantled, during the 2010 restoration by organbuilders Juget-Sinclair, numerous markings confirmed that the instrument had been moved as well as the presence of very damaged heterogeneous pipework and rubble in the Grand-Orgue division windchest engravings. The conservation of the instrument, except for the metal pipework, was very good. The organcase is made is of white pine and limewood with a false oak finish.
The portrait which emerges from this instrument is one of a well-structured designed instrument where everything seems to fall right in position. The presence of many mechanical elements, mainly for the functioning of cast iron pumps, is a sign of well-established work methods and production activities at the workshops. The internal layout is traditional and similar to all mechanical organs built in the Victorian era. The lower section of the organcase houses a large reservoir and its pumps. Above, two crosspieces link up the front of the organcase to its back and on which manuals and all the mechanical action rest. All the pipework is laid out on the same level. The Grand-Orgue and Récit pipework is in enfilade behind the facade, surrounded on each side by the Pedal. This layout is a perfect example of an horizontal layout, in depth, which generates a diffuse sound, accentuated by an open-roofed organcase.
Keyboard notes are covered with ivory. The instrument has an expression pedal. A decade before, the traditional ventil would have been used. The stop drawknobs are laid out in terraces with slanting buttons and inscription engraved on the ivory. The combination system, quite interesting from a musical point of view, is operated via three easily manageable pedals.
The touch is comfortable, very equal in weight all the way from the basses to the trebles. The organbuilder used a broken valve system which greatly lightens the effort under the fingers and allows a generous wind supply. Tonal equilibrium is based on a halftone aesthetics. It is not a powerful instrument. Foundations and reeds are well represented. Principals, Gambes and Flutes bring a wide variety of timbres and intensity: from the very small Dulciane to the opaqueness of the Mélodie to the romantic lyricism of the Clarinet. The upper harmonics relation is amazing. The more going up in the harmonic pyramid, the more the sound intensity diminishes.
This restoration allowed to have a better understanding of the work executed by organbuilders of that time, because all this tradition got lost at the beginning of the 20th century in favour of the pneumatic and electro-pneumatic action organ. The resurgence of the mechanical organ which took place from the end of the 1950s in Quebec with its neo-baroque aesthetics has judged these instruments with some contempt.
Grand-Orgue |
Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 16' | Principal | 8' | |
| Montre | 8' | Gambe | 8' | |
| Mélodie | 8' | Céleste | 8' | |
| Dulciane | 8' | Bourdon | 8' | |
| Principal | 4' | Flûte harmonique | 4' | |
| Doublette | 2' | Hautbois | 8' | |
| Mixture | III | |||
| Trompette | 8' | |||
Pédale |
|
|---|---|
| Bourdon | 16' | Flûte | 8' |