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Déry, 1880
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Les premiers efforts de colonisation dans la seigneurie de Portneuf remontent à 1640 et 1645. Chaque fois, ils furent de courte durée à cause des attaques des Iroquois. Il faudra attendre à 1679 pour voir s’installer les premiers colons de Cap-Santé.
Pendant de longues années, des missionnaires récollets leur dispensent les secours de la religion dans une modeste chapelle de bois que le sieur Jacques Robineau de Bécancourt a fait construire, à ses frais, près de son manoir. En 1708, le missionnaire récollet Charles-Jean-Baptiste Rageot-Morin arrive pour s’y installer et y demeurer pendant 20 ans. À son arrivée, il constate l’exiguïté de la chapelle et il obtient, en 1709, la permission du diocèse de Québec de construire un presbytère dont la moitié serait convertie en chapelle. Le 3 août 1714, Mgr. Jean-Baptiste de la Croix-Chevrières de Saint-Valier, évêque de Québec, érige la paroisse sous le vocable de la Sainte-Famille et l’abbé Rageot-Morin en devint le premier curé le 20 octobre suivant.
En 1715, une première église est érigée d’après les plans de Jean Maillou sur un terrain cédé par Louis Motard le 6 juillet 1715. C’était un bâtiment de pierre sans transept, 68 pieds par 35 pieds (21 mètres par 11 mètres), terminé à l’est pas un abside arrondie, pourvu de trois fenêtres cintrées à chaque muraille latérale; à la façade, un portail d’ordre toscan, surmonté d’une niche minuscule et d’un œil-de-bœuf; à cheval sur le pignon, un clocher en charpente, qui se termine par une lanterne. Cette église fut nommée « l’église des Trois-Sœurs » en mémoire de ses bienfaitrices, les demoiselles Petit de l’Angloiserie, filles du seigneur de Portneuf. À partir de 1729, elle fait l’objet d’incessantes réparations.
À la fin de septembre 1752, arrive à la cure du Cap-Santé un homme jeune, plein de courage et d’activité, aussi persévérant qu’audacieux, un tant soit peu frotté d’architecture, l’abbé Joseph Fillion. Il assumera la charge de curé pendant 43 années consécutives. Au premier coup d’œil, il se rend compte de l’état précaire et juge qu’il est inutile de réparer de nouveau un édifice mal construit.
Tout au côté de l’église qui tombe en ruines, l’abbé Fillion projette de construire la plus grande et la plus haute église du Québec. Elle possède non pas un mais bien deux haut clochers à sa façade et une lanterne en pavillon à son chevet. Pour réaliser cet audacieux projet, il quête des dons d’abord dans la paroisse et plus tard à l’extérieur. Dès l’été 1754, le chantier est ouvert et on débute la construction de l’édifice. Les travaux vont bon train jusqu’en 1758, date à laquelle la guerre appelle les hommes au combat et où les matériaux et les outils sont réquisitionnés au profit de l’armée. Quelques six mois après, les travaux reprennent à un rythme beaucoup plus lent de sorte qu’au printemps 1763, l’édifice n’est pas complété et les finances commencent à manquer.
Ne comptant que sur son courage, l’abbé Fillion repart en quête d’argent et les gens se montrent encore plus généreux. Grâce à cette nouvelle collecte, les travaux peuvent reprendre leur élan. Au cours de l’année 1767, les derniers échafaudages sont enlevés, le gros oeuvre est enfin terminé.
En 1774, le maître-autel et les crédences de l’ancienne église sont transférés dans la nouvelle église. Par la suite, la première église est démolie. On pense alors sérieusement à la décoration intérieure de la nouvelle église. Un nouveau maître-autel, probablement sculpté par les frères Levasseur, supporte le tabernacle de Jean Valin. En 1779, on installe la première chaire.
Suite au décès de l’abbé Fillion, le 2 octobre 1795, l’abbé Jean-Baptiste Dubord devient curé. Constatant la nudité des murs, il s’engage à l’ornementation intérieure de l’église. De 1803 à 1807, plusieurs travaux sont effectués dont le remplacement du maître-autel par une œuvre de Louis-Amable Quévillon, les retables des deux chapelles, la voûte, etc.
En 1857, l’abbé Pierre-Léon Lahaye devient curé. Dès son arrivée, il tient de longues conférences avec Raphaël Giroux concernant les plans de décoration. Le 25 juillet 1858, Giroux commence à travailler à l’ornementation par des sculptures à la voûte, la nouvelle chaire, le banc d’œuvre, etc. Ces travaux sont terminés en 1860. Il ne reste qu’à meubler les trumeaux du sanctuaire et les panneaux supérieurs des croisillons : ce sera l’affaire de son successeur, l’abbé Joseph-Maximin Fortin, qui commandera des tableaux, au peintre Antoine Planondon.
Comme l’église est construite en pierre de médiocre qualité, sur un terrain particulièrement imbibé d’eau de source, on comprend alors que ses longs-pans se soient lézardés à maintes reprises et que ses murs n’aient pu tenir les nombreux crépis qu’on y a posés. De guerre lasse, au début du XIXe siècle, on décide de recouvrir d’un lambris de planches verticales, et la façade, d’un lambris posé à l’horizontale et imitant la pierre de taille.
En 1807, les marguilliers prennent la malheureuse décision d’abattre la gracieuse lanterne du chevet car elle écrase la charpente de l’église et y fait infiltrer l’eau et la neige. Les deux clochers subissent le même sort pour des raisons identiques à celles de la lanterne, cédant leur place à ceux qu’on y voit actuellement.
Il faudra attendre deux cents ans après le début des travaux à l’édification du temple, soit en 1955, avant que Mgr. Lionel Audet, auxiliaire du diocèse de Québec, consacre l’église.
L’église et le site de l’église ont été classifiés « monument historique », en 1986.
L'orgue
Depuis 1852, l’église possédait un harmonium. Les marguilliers prirent la décision d’acquérir un orgue le 9 décembre 1879. Tous les paroissiens n’étaient pas d’accord pour cette acquisition qui souleva une controverse. L’orgue a été acquis grâce à l’aide du notaire Saint-Georges. Celui-ci a été l'instigateur du mouvement et n’a reculé devant aucun sacrifice pour le mener à bonne fin. Non content de cela, il s’engagea à remplir gratuitement les fonctions d’organiste.
L’inauguration de l’orgue eut lieu le 29 juillet 1880. Il a été construit par Napoléon Déry, facteur d’orgues de Québec. Il s’agissait d’un instrument à traction mécanique de 20 jeux répartis sur 2 claviers et pédalier.
En 1956, la maison Casavant Frères procéda à une nouvelle disposition de la tuyauterie à l’intérieur du buffet, à l’électrification de l’instrument et à l’installation d’une nouvelle console, l’originale était attachée au buffet alors que la nouvelle est placée près de la balustrade de la tribune. Ainsi, le grand-orgue est placé du côté gauche et le récit, dans la boîte expressive, du côté droit. Quant à la pédale, le Bourdon 16’ est placé au fond du buffet alors que celui de 8’ est placé entre le grand-orgue et la récit.
En 2000, Jean-François Mailhot retire la Soubasse 16', qui obstruait complètement les divisions de l'orgue puis, il procède à des travaux de réharmonisation tout particulièrement au grand-orgue.
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The first attempts of settling in the Portneuf seigneury goes back to 1640 and 1645. Each time, it was short-lived because of attacks by the Iroquois. It is not until 1679 that the first settlers to set up in Cap-Santé.
For many long years, missionaries used a small wooden chapel built, at his own expenses, by lord Jacques Robineau de Bécancourt near his manor house. In 1708, missionary Charles-Jean-Baptiste Rageot-Morin arrived to settle in Cap-Santé for the next 20 years. Upon his arrival, he noticed the smallness of the chapel and, in 1709, he was granted permission by the Quebec bishopric to built a rectory with half of it to be used as a chapel. On August 3, 1714, Bishop Jean-Baptiste de la Croix-Chevrières de St. Valier, established the parish and dedicated it to the Holy Family (Sainte-Famille). Rev. Rageot-Morin became the first parish priest on October 20 of the same year.
In 1715, a first church is built on plans drawn by Jean Maillou upon a piece of land given by Louis Motard on July 6, 1715. It was a stone building without transept, 68 ft. x 35 ft. (21 m x 11 m), ending with a round apse, with three vaulted windows on each lateral wall; on the façade, a Tuscan-styled porch, surmounted by a small niche and an oculus; astride the gable, a wooden bell tower ending with a lantern. This church was nicknamed "Three Sisters Church" in memory of its benefactresses, the ladies Petit de l'Angloiserie, daughters of the Portneuf lord. From 1729, continual repairs had to carried out on the building.
A new parish priest is appointed in September 1752, Rev. Joseph Fillion. He is young, courageous, active, tenacious, audacious, and well versed in architecture. He will assume the duties of parish priest for the next 43 years. After a quick evaluation, he noticed the precarious state of the building and decided that it is useless to repair a building that is badly constructed.
Alongside the small church that is falling into ruins, Rev. Fillion plans to build the largest and tallest church in Québec. It will have not one but two high bell towers and a pavilion lantern above the chevet. In order to carry out this daring projet, he collects money first inside and then outside his parish territory. In the summer of 1754, the building site is opened and the construction begins. Works are going at a brisk pace until 1758 when war is declared and men are called to join the army and when materials and tools are requisitioned by the army. Six months later, works resume but at a slower pace so that in the spring of 1763, the building is not completed and money is running tight.
Mustering all his courage, Rev. Fillion sets off again to collect money and people is even more generous. Thanks to this new collection, works can resume. In 1767, the last scaffoldings are removed and the structural work is finally completed.
In 1774, the high alter and credenzas from the old church are moved into the new church and then, afterwards, the first church is demolished. Now it is time to plan the interior decoration of the new church. A new high altar, probably sculpted by the Levasseur brothers, holds the tabernacle made by Jean Valin. In 1779, the first pulpit is installed.
Follwing Rev. Fillion's death on October 2, 1795, Rev. Jean-Baptiste Dubord is appointed as parish priest. Noticing the bareness of the walls, he undertakes the interior decoration of the church. From 1803 to 1807, many works are carried out namely the replacement of the high altar by one produced by Louis-Amable Quévillon, the reredos of the two chapels, the vault, etc.
In 1857, Rev. Pierre-Léon Lahaye becomes the new parish priest. Upon his arrival, he holds meetings with Raphaël Giroux about decoration plans. On July 25, 1858, Giroux begins to work: he adds sculptures to the vault, builds a new pulpit and the churchwardens' pew, etc. These works are completed in 1860. Only the piers in the chancel and the upper panels at the crossing are left to be filled: this will the job of his successor, Rev. Joseph-Maximim Fortin, who will commission paintings from artist painter Antoine Plamondon.
As this church is built with poor quality stones upon a land that is mainly soaked with spring water, it is evident that, over the years, the walls cracked many times and could not sustained the many layers of roughcast that were applied. In the end, early in the 19th century, it was decided to cover the side walls with vertical panelling, and in the façade, horizontal panelling in imitation of freestone.
Unfortunately, in 1807, the churchwardens decide to remove the affable lantern on the chevet because it crushes the structure of the church and is responsible for water and snow infiltration. The two bell towers were also removed because of the same reasons; they were replaced by the actual ones.
The church was consecrated in 1955, by Bishop Lionet Audet, auxiliary bishop of Quebec, two hundred years after the start of construction.
The church and the church site are classified "historical monuments", in 1986.
The organ
Since 1852, the church had a reed organ. On December 9, 1879, the churchwardens decided to purchase an organ. All parishioners did not agreed, it raised a controversy. The organ was purchased thanks to notary St. Georges. He was the instigator of the movement and did not retreat before he succeeded. He committed himself to act, free of charge, as organist.
The inauguration took place on July 29, 1880. It was built by Napoléon Déry, organbuilder in Québec City. It was a mechanical action, 20-stop instrument over 2 manuals and pedal.
In 1956, Casavant Frères rearranged the layout of the pipework inside the organcase, electrified the instrument and installed a new console. The original one was attached to the organcase while the new one is located near the gallery balustrade. The Grand-Orgue division is now located on the left side while the Récit division, with its expression box, is on the right side. The 16' Bourdon of the pedal division is located in the rear of the organcase while the 8' pipework is located between the Grand-Orgue and Récit.
In 2000, Jean-François Mailhot removed the 16' Soubasse that completely blocked the pipework of the other divisions. At the same time, the organ was revoiced mainly the grand-orgue division.
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Grand-Orgue |
Récit |
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|---|---|---|---|---|
| Montre | 8' | Principal | 8' | |
| Bourdon | 8' | Viole de gambe | 8' | |
| Flûte traversière | 8' | Flûte harmonique | 8' | |
| Prestant | 4' | Principal | 4' | |
| Flûte | 4' | Piccolo | 2' | |
| Quinte | 2 2/3' | Sesquialtera | II | |
| Doublette | 2' | Hautbois | 8' | |
| Mixture | III | Cromorne | 8' | |
| Trompette | 8' | Trémolo | ||
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Pédale |
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|---|---|
| Bourdon | 16' | 1Soubasse | 16' |
| Bourdon (ext) | 8' |
| 1 | Retiré en 2000 / Removed in 2000 |