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Mitchell, 1870 Casavant, Opus 475, 1912 Casavant, Opus 3803, 2000
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Les plans pour l'érection d'une église débutent dès le printemps de 1847 mais ce n'est qu'en juillet 1850 que le mandataire de l'archevêché de Québec, l'abbé Charles-Félix Cazeau fixe le site d'une grande église. Quatorze citoyens s'engagèrent à leurs risques et périls à financer la construction de l'église paroissiale.
À partir de plans dressés par Charles Baillairgé, la construction débute en août 1850 et la réalisation est supervisée par David Dussault, entrepreneur maçon, et André Paquet, sculpteur, chargé de la charpente et de la menuiserie.
Le 20 novembre 1851, le grand vicaire Charles-Félix Cazeau bénissait le nouveau temple et, le même jour, le curé Joseph-David Déziel y célébrera la première messe. Cette église était la plus grande de son époque, en terre d'Amérique, après celle de Notre-Dame de Montréal.
En 1854, la sacristie est bâtie sur deux étages et l'église est allongée de trente pieds par Antoine Pampalon, entrepreneur maçon. L'intérieur de l'église est complété de 1853 à 1860 par André Paquet, son frère Jean-Baptiste, et Raphaël Giroux.
Entre 1865 et 1866, le curé commande à un artiste romain du nom de Ruspi, les grands tableaux qui ornent l'église et qui sont des copies d'après les maîtres italiens du XVIe et XVIIe siècles. Le même artiste réalisa, en 1867, le chemin de la croix.
En 1895, l'architecte David Ouellet apporte quelques modifications à la sacristie et complète la chapelle de la Congrégation. Ce fut également la période où le mobilier de l'église a été complété. Il s'agit du maître-autel, du retable architectural qui l'encadre et des autels latéraux.
L'église Notre-Dame-de-la-Victoire est le seule exemple qui subsiste de la grande manière de Thomas Baillairgé. De type néoclassique, elle est le témoin le plus important et le mieux conservé de l'École de cet architecte.
L'orgue
Au cours de l'année 2000, la superbe église de Notre-Dame-de-la-Victoire de Lévis a retrouvé son orgue Mitchell dans l'état de splendeur qui avait amené l'organiste montréalais Paul Letondal à écrire dans le « Courrier du Canada » du 8 août 1870 que cet instrument était « le plus beau de toute l'Amérique Britannique ». Le buffet est fait de bois rare, du noyer noir, selon les plans de Victor Bourgeau. Il aurait été vraisemblablement été sculpté par Claude Dauphin, de Montréal.
Rappelons ici, qu'en 1912, à la demande de la paroisse de rafraîchir son instrument au goût du temps, la maison Casavant avait installé la tuyauterie de Mitchell sur une nouvelle traction, électro-pneumatique cette fois, et modifié la structure sonore en fonction d'une conception plus orchestrale, supprimant par exemple au Grand-Orgue, la quinte 2 2/3', la doublette 2', la cymbale III et le clairon 4'.
Dans son nouvel état, l'orgue a traversé victorieusement plusieurs décennies mais, vers 1980, il est devenu évident qu'il faudrait lui donner, au moins pour certains de ses organes, une cure de rajeunissement. La paroisse consulta alors plusieurs spécialistes et on se prit bientôt à rêver d'une restauration sonore à l'identique du plan d'origine, avec rétablissement de la traction mécanique. Le coût d'une telle opération excédait, évidemment, les possibilités financières de la paroisse. Pour tout dire, l'intérêt patrimonial énorme de ce projet méritait que la collectivité lui apporte une assistance considérable.
Un courageux projet, formulé dans ses lignes directrices, fut approuvé unanimement par le Comité des orgues de la Fondation du patrimoine religieux du Québec. Après appel d'offres auprès des facteurs, la fabrique de Notre-Dame a retenu la proposition de Casavant Frères. Le financement de l'opération étant assuré par une souscription publique locale, et pour beaucoup, par une subvention venue de la Fondation du patrimoine et aussi du Ministère de la culture. L'enthousiasme du député de Lévis pour ce projet nous a sûrement beaucoup aidé.
Cette restauration de l'orgue Mitchell s'effectue principalement au plan sonore. Cela revient à dire que la tuyauterie sera constituée, pour un très fort pourcentage, de la tuyauterie d'origine complétée au besoin par des tuyaux façonnés à l'identique. Au plan visuel, le buffet n'a pas été modifié, sauf pour y intégrer une console en fenêtre comme celle de 1870. La nouvelle console est munie des accessoires modernes qui permettent à l'organiste de se passer d'assistant pour le tirage des jeux.
Antoine Bouchard
L'orgue de Notre-Dame-de-la-Victoire de Lévis, installé en 1870, s'inscrit dans une période faste de la carrière profonde de Louis Mitchell (1823-1902), marquée par la construction de grands instruments, notamment ceux de l'église Saint-Jacques de Montréal (1868), de l'église Holy Family de Chicago (1868-1870) et de l'église Saint-Sauveur de Québec (1873), et par un contact étroit avec la facture d'orgues française dite « romantique », telle qu'illustrée par les travaux d'Aristide Cavaillé-Coll.
On comprend donc que la restauration de cet orgue historique a constitué un défi extrêmement stimulant pour notre maison, d'autant plus qu'il s'agit du plus important corpus de tuyaux de Mitchell qui nous soit parvenu, tous les grands instruments du facteur montréalais étant disparus. Les travaux réalisés en 1999-2000 ont consisté avant tout en une restauration sonore de l'instrument. Les 35 jeux de Mitchell ont été méticuleusement restaurés et le devis a été complété conformément à l'esthétique originelle. Au plan technique, une nouvelle action mécanique a été construite (l'instrument avait été électrifié par notre maison en 1912) et le système d'alimentation en vent a été reconstitué à partir des deux grands réservoirs d'origine. La nouvelle console s'harmonise au magnifique buffet en noyer noir (1870). Les tuyaux en montre en étain fin ont été soigneusement rénovés. Pour la disposition, le Grand Orgue est situé immédiatement derrière la façade, le Positif vient ensuite, le Récit expressif est placé plut haut à l'arrière, la Pédale est divisée des deux côtés des sommiers des claviers et la Soubasse 16' (flûte ouverte) se trouve derrière le Récit.
Messieurs Antoine Bouchard et Massimo Rossi, représentants du Comité des orgues de la Fondation du patrimoine religieux du Québec, ont collaboré étroitement avec nous tout au long des travaux à titre d'experts. Qu'ils soient ici remerciés de leur générosité et de leur apport inestimable à cet ambitieux projet. Il convient enfin de souligner l'esprit visionnaire des autorités de la Fabrique qui ont mené avec détermination et enthousiasme cette « résurrection » du chef-d'œuvre de Louis Mitchell, une première dans l'histoire de la facture d'orgues au Québec.
Jacquelin Rochette
Codirecteur artistique
Casavant Frères
L'orgue restauré a été inauguré par deux concerts, les 20 et 23 septembre 2000, par Dany Wiseman, alors titulaire de l'orgue, et par Benjamin Waterhouse.
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The project to build a church began as early as Spring of 1847 but the site was set by Rev. Charles-Félix Cazeau, representative of the Quebec archbishopric, only in July 1850. Fourteen citizens accepted to assume the financial risks related to the building of the parish church.
The construction began early August 1850 according to plans designed by Charles Baillairgé and under the supervision of David Dussault, master mason, and André Paquet, sculptor, who was in charge of timber work and woodwork.
On November 1851, the General Vicar, Charles-Félix Cazeau, blessed the new church and, on the same day, the first mass was celebrated by parish priest Joseph-David Déziel. This church is the largest church of the time, in America, after Notre-Dame in Montreal.
In 1854, the two-story vestry is built and the church is lengthened by 30 feet under the supervision of Antoine Pampalon, master mason. The interior of the church is completed from 1853 to 1860 by André Paquet, his brother Jean-Baptiste, and Raphaël Giroux.
Between 1865 and 1866, the parish priest commissioned the large paintings decorating the church from a Roman artist by the name of Ruspi. They are copies of Italian masters' paintings from the 16th and 17th centuries. The same artist will paint the Way of the Cross in 1867.
In 1895, architect David Ouellet brings modifications to the vestry and completes the Congregation chapel. The church's furniture was completed during the same period: the main altar, the architectural reredos, and the lateral altars.
Notre-Dame-de-la-Victoire church is the only example left of Thomas Baillairgé's works. With its neo-classical form, it is the most important and best preserved reference of this architect's school.
The organ
During the year 2000, the magnificent church of Notre-Dame-de-la-Victoire in Levis rediscovered its Mitchell organ in its original grandeur that has brought the Montreal organist Paul Letondal to write in the August 8, 1870 issue of the “Courrier du Canada” about this instrument as being “the nicest in all British America”. The organ case, designed by Victor Bourgeau, is made of black walnut and was probably sculpted by Montreal artist, Charles Dauphin.
In 1912, acting upon a request of the parish council who wanted to modernize its instrument and to bring it in line with the reigning fashion, Casavant installed the Mitchell pipeworks on a new electro-pneumatic action and modified the tonal structure into a more orchestral design removing, for example, from the Grand Orgue, the Quinte 2 2/3, the Doublette 2', the Cymbale III and the Clairon 4'.
The then-rebuilt instrument served for many decades and in 1980, it became evident that the instrument needed repairs and a few parts would require a rejuvenating cure. The parish council sought advice from experts and soon everybody was dreaming about a tonal restoration to original with the restoration of the mechanical action. The cost of such a project exceeded, of course, the financial resources of the parish. The tremendous patrimonial interest of this project was worth the large assistance from the community.
A broad outline of the project was unanimously approved by the Organ Committee of the Quebec Religious Heritage Foundation. After a call for tenders among organbuilders, the parish council accepted the proposition from Casavant Frères. The financing of the project was secured through a local public subscription and for a larger part, through a grant from the Heritage Foundation and also from the Quebec Ministry of Culture. The enthusiasm for the project showed by the Levis MLA (provincial legislature representative) sure helped its success.
The restoration of the Mitchell organ is essentially centered on its tonal structure. The actual pipeworks includes all the original pipeworks and, when necessary, it was be completed with new pipes built according to old techniques. From the visual point of view, the organ case is not modified except for the integration of a new console “en fenêtre” similar to the one installed in 1870. The new console is equipped with new accessories to facilitate registration changes.
Antoine Bouchard
The organ in Notre-Dame-de-la-Victoire Church in Levis, installed in 1870, was built during the best production years of organbuilder Louis Mitchell (1823-1902) which included the building of large instruments, namely the ones in St. Jacques Church in Montreal (1868), Holy Family Church in Chicago (1868-1870) and St. Sauveur Church in Quebec City (1873), and in close contact with the French Romantic Organbuilding School as illustrated by the works of Aristide Cavaillé-Coll.
The restoration of this historic organ was a very stimulating challenge for our firm. This organ had the largest extant of Mitchell pipeworks to have survived since all his large instruments have disappeared. The works, carried out in 1999-200, were aimed at the tonal restoration of the instrument. The original 35 stops by Mitchell were meticulously restored and the stop list was completed according to the original aesthetics. On the technical side, a new mechanical action was built (the instrument had been electrified by our firm in 1912) and the wind system was restored using the original two large reservoirs. The new console happily matches the magnificent black mahogany organ case (1870). The façade pipes, made of fine tin, were carefully restored. As for its layout, the Grand Orgue is located immediately behind the façade followed by the Positif, the enclosed Récit is located somewhat higher in the back, the Pedal is divided on both sides of the manual windchests and the Soubasse 16' (open flute) is located behind the Récit.
Antoine Bouchard and Massimo Rossi, representing the Organ Committee of the Quebec Religious Heritage Foundation, served as consultants and were closely involved during all the project. They should be tanked for their generosity and their invaluable contribution into this ambitious project. We must emphasize the visionary spirit showed by the parish council members who carried out, with determination and enthusiasm, this “resurrection” of Louis Michell's masterpiece, a first in the history of organbuilding in Quebec.
Jacquelin Rochette
Tonal Co-director
Casavant Frères
The newly restored organ was inaugurated with two concerts held on September 20 and 23, 2000 given by Dany Wiseman, then titular of the organ, and by Benjamin Waterhouse.
I. Grand-Orgue |
III. Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| 1Montre | 16' | 4Bourdon | 16' | |
| Montre | 8' | 2Fugara | 8' | |
| Flûte traversière | 8' | 4Flûte harmonique | 8' | |
| Gambe | 8' | Bourdon | 8' | |
| 2Flûte à cheminée | 8' | Violoncelle | 8' | |
| 2Flûte harmonique | 4' | 5Flûte | 4' | |
| Prestant | 4' | Octavin | 2' | |
| Quinte | 2 2/3' | 4Cornet 2 2/3' | III | |
| Doublette | 2' | 4Cornopion | 8' | |
| 3Fourniture 2' | V | 4Haut-bois | 8' | |
| Cymbale 2/3' | IV | 6Voix humaine | 8' | |
| Trompette | 16' | Tremblant | ||
| Trompette | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
II. Positif |
Pédale |
|||
|---|---|---|---|---|
| Principal | 8' | 2Soubasse | 16' | |
| Dulciane | 8' | Bourdon | 16' | |
| 4Voix céleste | 8' | Violoncelle | 8' | |
| 2Bourdon | 8' | Violon | 8' | |
| Salicional | 4' | Bombarde | 16' | |
| 2Flûte cruse | 4' | Trompette | 8' | |
| Nazard | 2 2/3' | |||
| Piccolo | 2' | |||
| Tierce | 1 3/5' | |||
| Mixture 2' | III | |||
| Chromorne | 8' | |||
| Tremblant | ||||
| 1 | 1-12 en bois, les premiers bouchés; 13-29 en façade 1-12 in wood, the first ones are capped; 13-29 "en façade" |
|
| 2 | en bois / in wood | |
| 3 | à quatre reprises / 4 repetitions | |
| 4 | De / From Do2 | |
| 5 | complété. Original sans les 1-12 / completed. Original without 1-12 |
|
| 6 | complete stop / full stop |