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Casavant, Opus 3749, 1996
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La ville de Boucherville, fondée en 1667 par Pierre Boucher, est située sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent juste en face de Montreal. L'histoire de l'église de cette localité débute avec l'arrivée du missionnaire Jacques Marquette en 1668.
La première église (1670)
Aucun document ne nous est parvenu sur la construction de la première église de Boucherville. Selon Huguet-Latour, premier historien de Boucherville, Pierre de Caumont, second desservant, fit bâtir une chapelle en bois, longue de 15,2 mètres (50 pieds) et large de 10,7 mètres (35 pieds), à l'endroit même où l'église actuelle. Le 3 novembre 1678, l'évêque de Québec, Mgr. François de Montmorency Laval, érigea la paroisse sous le vocable de la Sainte-Famille et l'érection canonique fut décrétée en 1692.
Le 17 juin 1683, les marguilliers, Joseph Huet et Denis Véronneau, conclurent un accord avec Jean-Baptiste Ménard, maître menuisier, pour effectuer des réparations. Le 18 juin 1686, un marché est conclu entre Pierre Boucher et les habitants de Boucherville, et Gilles Dufaux, charpentier, pour la construction d'un presbytère de 9 mètres (30 pieds) de long sur 9 (30) de large. En 1688, ce presbytère étant terminé, la paroisse reçut son premier curé, Pierre-Rodolphe Guybert de la Saudrays.
La première cloche fut bénite le 21 mai 1691 par le curé de la Saudrays et baptisée Marie-Jeanne.
La deuxième église (1712)
1711 marque l'arrivée d'un nouveau curé, l'abbé Claude Dauzat, prêtre sulpicien. La population ayant augmenté considérablement, celui-ci décide de construire une église de plus grandes dimensions. Un contrat fut passé le 19 janvier 1712 entre Pierre Couturier, maître maçon, architecte et entrepreneur et les marguilliers Étienne Benoist dit Livernois et Maurice Besnard.
L'église sera contruite en pierre provenant de la Côte Sainte-Catherine et fût trainée sur la glace jusqu'à Boucherville. La première pierre sera bénite le 26 juin 1712, par M. François Vachon de Belmont, vicaire général.
En septembre 1713, devant la lenteur des travaux, l'intendant Bégon émit une ordonnance obligeant les habitants de Boucherville d'apporter leur contribution en matériaux, argent et journée de corvée. Ils durent, de plus, nourrir l'entrepreneur et ses maçons pendant leur travail, les jours de fête et de mauvais temps.
La construction d'un nouveau presbytère débute en 1718 et le curé, Simon Saladin (curé de 1716 à 1727) en prendra possession le 23 juillet 1720.
La décoration de la nouvelle église se fait au cours des années qui suivièrent. En 1723, Pierre Levasseur dit Carmel sculpta, au prix de 1 400 livres, un retable, façon baldaquin ou impériale suivant l'ordonnance corinthienne. Puis en 1729, le même sculpteur est chargé de faire la balustrade, au prix de 140 livres. Vers 1745, le maître-autel s'enrichit d'un tabernacle sculpté par Gilles Bolvin et doté par les Ursulines de Québec.
En 1766, Gabriel Chèvrefils dit Bélisle, maître charpentier, refait le vieux clocher. L'année suivante, le sieur Lamy Lenoir, menuisier, construit une nouvelle sacristie de 7,3 mètres (24 pieds) par 7,3 mètres (24 pieds) et recouvre le clocher de bardeaux. Ces réparations majeures indiquent un vieillissement prématuré.
Dès 1787, il est question de construire une nouvelle église mais comme une disette sévit dans la colonie, l'évêque de Québec, Mgr. Jean-François Hubert, refuse l'autorisation. En 1797, Jacques Racicot, maître maçon, répare le presbytère et le curé Pierre Conefroy, qui est aussi doué pour l'architecture, trace les plans d'une église à transept.
La troisième église (1801)
Le plan comprend un long vaisseau de maçonnerie coupé en son deuxième tiers par un transept qui joue le rôle de contreforts. L'ensemble donne l'aspect d'une croix latine, comme dans les églises romanes du Xe siècle. Le haut de la croix forme une abside en hémicycle. La maçonnerie est le matériau usuel des murailles sur lesquelles reposent une toiture très aiguë et un clocher en charpente, à une ou deux lanternes.
C'est ce plan que Pierre Conefroy soumet à l'évêque de Québec, Mgr. Pierre Denault. L'église aura 38,4 mètres (126 pieds) sur 15,2 mètres (50 pieds). La largeur, au niveau du transept, sera de 22 mètres (72 pieds). Le contrat de maçonnerie fut signé, le 11 mars 1801, entre les syndics et Louis Comtois, maître maçon, pour une somme de 240 livres plus 9 livres par jour. La construction de la charpente, du comble et du clocher est confiée à François Gareau dit Saint-Onge pour une somme de 4 200 livres. Louis Quévillon est chargé des ouvrages de sculpture et de menuiserie. Tous les bois nécessaires seront en pin ou bois blanc, sec et sans noeud.
La nouvelle église fut consacrée, le 26 octobre 1802, par Mgr. Pierre Denault, évêque de Québec et dédicacée le 23 juin 1820.
En 1832, un quatrième presbytère est construit en pierre. Il avait l'élégance des vieux manoirs mais il fut sacrifié au goût et à l'orgueil du temps et vendu, en 1896, pour être remplacé par le presbytère actuel.
En 1839, Victor Bourgeau complète la décoration de l'église. Le 20 juin 1843, un désastreux incendie dévaste une grande partie du village. De l'église, seuls les murs restèrent debout. Fort heureusement, le curé, Thomas Pépin, aidé de paroissiens, avait réussi à sauver tous les meubles et les objets du culte. L'orgue et la chaire furent évidemment la proie des flammes.
Immédiatement après l'incendie, les marguilliers décident de reconstruire l'église et la sacristie. Le travail de réfection et toute la sculpture sont confiés à Louis-Thomas Berlinguet. Le clocher actuel date de 1844 et fut dessiné par Berlinguet en remplacement de celui de Conefroy, détruit dans l'incendie. La première lanterne comprend cinq cloches dont trois furent installées en 1896 et les deux autres, en 1898. Pour le choeur, Berlinguet s'inspire du décor de l'opéra royal de Versailles et la réalisation qu'il en fait présente de nombreuses analogies avec le chef d'oeuvre de Jacques-Ange Gabriel. La balustrade, aussi oeuvre de Berlinguet, est réalisée en 1847. La lampe du sanctuaire, en argent massif, porte le poinçon de Michael Arnoldi et fut façonnée vers 1790.
C'est en 1879 que le curé, Joachim Primeau, fit effectuer la décoration de l'église qui fait encore notre admiration. Ces travaux, qui durèrent six mois, furent confiés à Victor Bourgeau et à Lavoie et Beaulieu. À cette occasion, la chaire, exécutée par Berlinguet, fut remplacée par l'actuelle chaire, oeuvre d'un auteur anonyme. Faite de bois sculpté, peint et doré, elle a été bénite le 26 novembre 1879 en même temps que les quatorze stations du chemin de la croix qui sont des chromolithographies, sous verre, de Gérard Séguin, imprimées chez Lemercier, à Paris. La décoration de la voûte est l'oeuvre de Victor Bourgeau et a été réalisée par Delphis Beaulieu.
Les années qui suivirent apportèrent des modifications, quelquefois discutables, mais la resturation, entreprise en 1969, sous l'impulsion de Mgr. Joseph Poissant, rendit à ce monument, classé en 1964, un peu de son aspect d'antan. Claude Beaulieu fut chargé du réaménagement de l'architecture et du décot. Il s'en acquitta si bien qu'il se vit décerner, au printemps de 1976, le prix d'honneur national d'Héritage Canada pour la qualité de ses travaux.
L'orgue
Le premier orgue, disparu dans l'incendie de 1843, avait été commandé, en 1823, chez George Zingraff et Joseph Bourdon, de Montréal, au prix de 500 louis. Il ne fut livré qu'en 1827 après un long procès. C'était un instrument de huit pieds dont le premier titulaire fut Henri Louis.
En 1847, la fabrique commanda au facteur Samuel R. Warren, au prix de 565 livres, un orgue à traction mécanique de dix-neuf jeux qui sera logé dans un buffet dessiné par Louis-Thomas Berlinguet et réalisé par son fils, Louis-Flavien. Pour cet instrument, le facteur adapta les jeux d'orchestre, très à la mode à cette époque; l'équilibre des claviers y était particulièrement soigné. C'était le premier orgue de ce type fabriqué à Montréal par Warren.
Cet instrument a probablement été reconstruit deux fois. La dernière reconstruction remonte autour de 1935 et a été exécutée par Odilon Jacques. C'est à ce moment que la traction mécanique originale a été remplacée par une traction électro-pneumatique et qu'une console détachée a été installée. L'endroit du buffet où était la console originale a été tout simplement remplacé par des panneaux de bois.
Un dossier, datant de cette même période, se retrouve dans les archives de Casavant Frères concernant l'instrument de cette église. Quoique le contrat n'ait pas été accordé à Casavant, le dossier complet est classé en attendant sa découverte et l'étude de son contenu dans le cadre d'un projet plus récent. La valeur de l'information qui s'y trouvait est d'une grande importance principalement dû à la présence d'une esquisse et des dimensions de l'instrument original prises en 1930 par Charles Chapais de Casavant Frères et montrant que le buffet avait été déplacé. À travers ces documents, il a été possible d'établir, aux marguilliers et aux membres du comité diocésain des orgues, que le buffet avait été reculé, en 1903, de presque cinq pieds probablement afin de créer de l'espace supplémentaire pour la chorale. Des recherches subséquentes menées sur le plancher de la tribune confirment cet état de fait. Ce déplacement a certainement affecté négativement la portée sonore et la présence visuelle de l'orgue dans l'église.
En février 1995, le conseil de fabrique confie à Casavant Frères, facteur d'orgues de Saint-Hyacinthe, le contrat pour la construction du nouvel orgue de l'église paroissiale. En tenant compte de l'ensemble historique de ce lieu, classé bien patrimonial, et des besoins exprimés, le facteur a proposé un instrument d'esthétique française, apte autant à soutenir le chant de l'assemblée, à accompagner solistes et ensembles, qu'à interpréter le vaste répertoire consacré à l'orgue. Cet orgue, à traction mécanique, comporte 25 jeux (32 rangs) répartis sur deux claviers et pédalier, pour un total de 1,597 tuyaux.
Le nouvel orgue Casavant est installé à l'intérieur du magnifique buffet attribué à Louis-Thomas et Louis-Flavien Berlinguet, et construit en 1846 pour recevoir l'orgue construit par le facteur montréalais Samuel Warren.
L'orgue existant, de facture plus récente, ne présentait que très peu d'intérêt. En effet, lors des derniers travaux importants, seuls deux jeux (Bourdon 8' et Flûte 4') et quelques basses de jeux de bois de l'instrument de Warren avaient été préservés; ils ont été incorporés au nouvel orgue1, en plus d'un jeu de Hautbois 8' de Casavant, installé dans les années 1980. On peut donc affirmer que l'instrument est essentiellement neuf.
Dans ce contexte historique, il allait de soi que le nouvel orgue soit à traction mécanique, comme l'instrument d'origine. Ainsi, la console est en fenêtre et la disposition interne de l'orgue rappelle une manière de faire courante des facteurs du XIXè siècle. Le buffet a été soigneusement restauré et replacé à la position d'origine2; la présence visuelle du buffet dans le vaisseau s'en trouve ainsi nettement améliorée. Pour la décoration, les choix de l'architecte Claude Beaulieu, maître-d'oeuvre de la plus récente restauration de l'église ont été respectés. Les nouveaux tuyaux, en étain fin, reprennent la forme et la finition des tuyaux d'origine. Lacqués de couleur or, ils ajoutent à l'équilibre de la dorure, faisant ainsi pendant avec la maître-autel dans le choeur de l'église.
Au plan sonore, l'orgue ne se veut pas une copie d'instrument du XIXè siècle. C'est un instrument contemporain qui peut pleinement jouer son rôle dans la liturgie et au concert. L'influence de l'esthétique classique française y est néanmoins prépondérante. Le devis révèle également la présence d'éléments symphoniques et modernes, soit un grand Récit expressif de dix jeux, avec gambe et céleste, un jeu d'anches de seize pieds et des basses complètes pour tous les jeux3. La variété de jeux de flûtes, des jeux d'anches construits d'après les principes des grands facteurs d'orgues français (Dom Bédos, Clicquot, Cavaillé-Coll), une boîte expressive des plus efficaces, de riches principaux bien timbrés et des fonds généreux, et un combinateur électronique à huit niveaux de mémoire font de ce nouvel orgue Casavant, qui a l'avantage de sonner dans une acoustique exceptionnelle, un instrument résolument moderne.
Fidèle à la tradition de Casavant, la réalisation sonore de ce nouvel orgue est particulièrement soignée. L'engagement enthousiaste des harmonistes Yves Champagne et Gaétan Robert dans la réussite de ce projet a donné un instrument bien équilibré, aux timbres raffinés et séduisants. Particulièrement bien adapté au vaisseau de l'église, le nouvel orgue, de 25 jeux, étonne par sa richesse sonore.
Jacquelin Rochette
Notes
| 1 | L'harmonie d'origine des jeux provenant de l'instrument de Warren a été respectée. Les tailles ont été adaptées aux nouveaux paramètres de pression et de ton (La=440Hz, tempérament égal). | |
| 2 | Un relevé effectué en 1930 par Charles Chapais de la maison Casavant nous permet de conclure que le buffet avait été reculé d'environ 1,5 mètre depuis (Source: Archives Casavant Frères, St-Hyacinthe). | |
| 3 | Les instruments de cette dimension construits au milieu du XIXè siècle emploient généralement des basses communes. |
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The city of Boucherville, founded in 1667 by Pierre Boucher, is located on the south shore of the St. Lawrence River facing Montreal. The history of the church begins with the arrival of a missionnary, Jacques Marquette, in 1668.
The first church (1670)
There is no existing document dealing with the construction of the first church in Boucherville. According to Huguet-Latour, Bourcherville's first historian, Rev. Pierre de Caumond, the second missionnary, had a wooden chapel built, 50 feet (15.2 meters) long and 35 feet (10,7 meters) wide, on the exact site of the actual church. Mgr. François de Montmorency Laval, bishop of Quebec, established the parish on November 3, 1678, under the patronage of the Holy Family, which became official in 1692.
On June 1683, churchwardens Joseph Huet and Denis Véronneau authorized Jean-Baptiste Ménard, master carpenter, to carry out repairs. On June 18, 1686, Pierre Boucher and the population of Boucherville commissionned Gilles Dufaux, carpenter, to build a rectory that would be 30 feet (9 meters) long by 30 feet (9 meters) wide. The rectory was completed in 1688 in time to receive the first resident parish priest, Pierre-Rodolphe Guybert de la Saudrays.
The first bell was blessed on May 21, 1691 par the parish priest, Rev. de la Saudrays, and received the name of Marie-Jeanne.
The second church (1712)
A new parish priest, Rev. Claude Dauzat, a sulpician, arrives in 1711. As the population has increased over the years, he decides that a larger church would be necessary. A contrat is signed on January 19,1712 between Pierre Couturier, master mason, architect and contractor, and the churchwardens Étienne Benoist dit Livernois and Maurice Besnard.
The church will built with stone coming from Cöte Sainte-Catherine (St. Catherine Coast) and was hauled on ice all the way to Boucherville. The cornerstone was blessed on June 26, 1712, by François Vachon de Belmont, General Vicar.
Considering the slowness of the construction works, Intendant Bégon ordered the population of Boucherville to bring their contribution in materials, money and duty days. They had to feed the contractor and his masons while they work, on feast days and during bad weather days.
The construction of a new rectory started in 1718 and the parish priest, Rev. Simon Saladin (parish friest from 1716 to 1727) took possession on July 23, 1720.
The interior decoration of the new church was carried out during the next years. In 1723, Pierre Levasseur dit Carmel sculpted, for a price of 1,400 pounds, the reredos, baldachino or imperial style according to Corinthian order. Then, in 1729, the same sculpted was commissionned for the communion rail, for a price of 140 pounds. Around 1745, the high-altar received a tabernacle sculpted by Gilles Bolvin and gilded by the Ursulines in Quebec City.
In 1766, Gabriel Chèvrefils dit Bélisle, master carpenter, rebuilt the old bell-tower. The following year, Lamy Lenoir, carpenter, built a new 24 feet (7.3 meters) by 24 feet (7.3 meters) vestry and covers the bell-tower with shingles. The major repairs point out a prematured ageing.
By 1787, there are talks about building a new church but as there is a scarcity of food going on in the colony, Mgr. Jean-François-Hubert, bishop of Quebec City, refuses the authorization. In 1797, Jacques Racicot, master mason, carries out repairs to the rectory and, the parish priest, Rev. Pierre Conefroy, who is also talented for architecture, prepares the plans for a church with transept.
The third church (1801)
The plan calls for a long stonework nave cut off by a transept at about two-thirds of the nave. The transept will act as butterresses. It has the shape of a latine cross just like Romanesque churches built in the 10th century. The top of the cross forms the apse in a semicircular form. Stonework is the usual material for the walls on which a very sharp roof rests and a timber work bell-tower topped by one or two lanterns.
It is the plan Rev. Pierre Conefroy presented to Mgt. Pierre Denault, bishop of Quebec City. The church will be 126 feet (38.4 meters) long by 50 feet (15.2 meters). At the transept, the width will be 72 feet (22 meters). The stonework contract was signed, on March 11, 1801, by the churchwardens and Louis Comtois, master mason, for the amount of 240 pounds plus 9 pounds a day. The framework and bell-tower contract was awarded to François Gareau dit Saint-Onge for the amount of 4,200 pounds. Louis Quéville was responsible for all sculpting and woodworks. All wood used must be dry and knot-free pine or whitewood
The new church was blessed by Mgr. Pierre Denault, bishop of Quebec City and consecrated on June 23, 1820.
In 1832, a fourth stone rectory was built. It had the elegance of old manors but it was sacrificed to the taste and pride of the day and sold, in 1896, to be replaced by the actual rectory.
In 1839, Victor Bourgeau completes the interior decoration of the church. On June 20, 1843, a large fire destroyed a large portion of the village. Only the outside walls of the church were left, Fortunately, the parish priest, Rev. Thomas Pépin, with the help of parishionners were able to save all the furnishings and worship objects. The organ and the pulpit were destroyed.
Immediately after the fire, the churchwardens decided to rebuild the church and the vestry. Renovation works and sculptings were commissionned to Louis-Thomas Berlinguet. The actual bell-tower dates back to 1844 and was designed by Berlinguet replacing the one designed by Conefroy and destroyed in the fire. The first lantern houses five bells; the first three were installed in 1896 and the others, in 1898. For the chancel, Berlinget draws his inspiration from the decor in Royal Opera in Versailles and what he creates has many analogies with Jacques-Ange Gabriel's masterpieve. The communion rail, also a work by Berlinguet, was executed in 1847. The sanctuary lamp, in solid silver, bears Michael Arnoldi's hallmark and was created around 1790.
In 1879, parish priest, Rev. Joachim Primeau, commissionned the interior decoration of the church that still commands our admiration. These works, that lasted six months, were commissioned to Victor Bourgeau and to Lavoie and Beaulieu. On that occasion, the pulpit, executed by Berlinguet, was replaced by the actual one, the work of an anonymous artist. Made of sculpted, painted and gilded wood, it was blessed on November 26, 1879 at the same time as were the fourteen stations of the Way of the Cross that are chromolithographs, under glass, executed by Gérard Séguin and printed by Lemercier, in Paris. The decoration of the vault was designed by Victor Bourgeau and executed by Delphis Beaulieu.
As years went by, modifications, sometimes questionable, were carried out but the restoration, started in 1969, on the impetus of the parish priest, Mgr. Joseph Poissant, gave back to this monument, classified in 1964, a bit of its look of yesteryear. Claude Beaulieu was responsible for the architecture and decoration reorganization. His performance was rewarded, in the spring of 1976, by the National Honour Prize from Heritage Canada.
The organ
The first organ, destroyed in the 1843 fire, was ordered, in 1823, from George Zingradd and Joseph Bourdon, from Montreal, at the cost of 500 louis. After a long judicial trial, it was finally installed in 1827. It was an 8' instrument and the first organist was Henri Louis.
In 1847, the churchwardens commissionned organbuilder Samuel R. Warren, for an amount of 565 louis, to build an 19-stop mechanical traction organ that will be housed in an organcase designed by Louis-Thomas Berlinguet and executed by his son, Louis-Flavien. For this instrument, the organbuilder adapted orchestral stops, very fashionable at the time; the balance between the manuals was carefully done. It was the first organ of this kind built by Warren in Montreal.
Obviously the instrument was twice rebuilt. The last significant rebuilding occurring around 1935 by Odilon Jacques, when the original mechanical action and keydesk were replaced with electropneumatic action and a detached console, at which time the area containing the keydesk was replaced with simple wood panels.
It is from this same period that discussion regarding this church and organ is found in a file presently in the archives of Casavant Frères. Although the commission for the work on the organ was not given to Casavant at that time, the complete file was placed in storage to await discovery and investigation during the most recent project. The value of this information came to be of great importance, principally because of a sketch and measurements made in 1930 of the original instrument by Charles Chapais of Casavant Frères showing that the casework had been moved. Through these documents, we were able to show church officials and the diocesan organ committee that the casework had been moved almost five feet towards the rear gallery in 1903, presumably to provide additional space for the choir. Subsequent investigation of the gallery floor confirmed this fact, which negatively affected both the aural and visual presence of the organ in the church.
In February 1995, the churchwardens commissionned Casavant Frères, the organ builders located in St-Hyacinthe, to build a new organ for the parish church. Taking into account the historic situation of the place, classified as an heritage building, and the expressed needs, the builder proposed an instrument of French aesthetics, capable of supporting congregational singing, accompanying solists and ensembles, and also interpreting the large organ literature. This 25-stop (32 ranks) tracker action organ is divided between two manuals and a pedal for a total of 1,597 pipes.
The new Casavant organ is installed inside the magnificent case attributed to Louis-Thomas and Louis-Flavien Berlinguet, and built in 1846 to house the organ built by Montreal organbuilder Samuel Warren.
As the instrument stood at the end, it did not present much interest any more. In the last important rebuilding works, only two stops (Bourdon 8' and Flûte 4') and a few wooden pipes from the lower notes were preserved from the instrument built by Warren; they have been incorporated into the new instrument1, and a Casavant Hautbois 8' stop intalled in the 1980s. It can be asserted that the instrument is essentially new.
Within this historical context, it was normal that the new organ would be a tracker organ as was the original one. The console is attached to the case and the internal layout of the pipes recalls an usual way of doing it in the 19th century. The case has been carefully restored and was put back in its original location2; the visual presence of the case inside the receptacle of the church is clearly improved. For the decoration, the choices made by architect Claude Beaulieu, maître-d'oeuvre of the most recent restauration works in the church were respected. The new pipes, in pure tin, recapture the form and finish of the original pipes. Lacquered gold, they add to the balance of gilding, and provide a matching to the high-altar located in the sanctuary.
Tonally speaking, the organ is not a copy of a 19th century instrument. It is a contemporary instrument capable of playing its role both in liturgy and in concert. The influence of classical French aesthetics is clearly visible. The specifications discloses the presence of symphonic and modern elements: a large 10-stop Récit, with gambe and céleste, a 16'-reed stop and complete bass for all the stops3. The variety in flute stops, in reeds built according to principles laid out by great French organ builders (Dom Bédos, Clicquot, Cavaillé-Coll), a very efficient expression box, rich principals and generous flues and an 8-level memory electronic combinator make up this organ, that has the privilege to sound in an exceptional acoustical environment, into a truly modern instrument.
Loyal to the Casavant tradition, the overall tonal result of this new organ is particularly well done. The enthusiastic commitment of harmonists Yves Champagne and Gaétan Robert into this project have produced a well balanced instrument with refined and fascinating voices. Particularly well adapted to the receptacle of the church, this new 25-stop organ amazes by its tonal richness.
Jacquelin Rochette
Notes
| 1 | The original stop tuning originating from the Warren instrument has been preserved. The scaling has been adopted to the new pressure and tonal parameters. (A=440Hz, equal temperament) | |
| 2 | A study made in 1930 by Charles Chapais from Casavant Frères allows to conclude that the organ case was moved backward by 1.5 m since (Source: Casavant Frères Archives, St-Hyacinthe) | |
| 3 | Instruments of that size, built in the middle of the 19th century, usually used common basses. |
Grand Orgue |
Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 16' | Bourdon | 8' | |
| Montre | 8' | Viole de gambe | 8' | |
| Flûte à cheminée | 8' | Voix céleste | 8' | |
| Prestant | 4' | Principal | 4' | |
| Flûte à fuseau | 4' | Flûte | 4' | |
| Nasard | 2 2/3' | Doublette | 2' | |
| Quarte de nazard | 2' | Larigot | 1 1/3' | |
| Tierce | 1 3/5' | Plein Jeu | III-IV | |
| Fourniture | IV-V | Douçaine | 16' | |
| Trompette | 8' | Hautbois | 8' | |
Pédale |
|
|---|---|
| Basse résultante | 32' |
| Soubasse | 16' |
| Bourdon (GO) | 16' |
| Octavebasse | 8' |
| Bourdon | 8' |
| Octave | 4' |
| Basson | 16' |
| Trompette (GO) | 8' |