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Déry, 1885
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La paroisse de Saint-Joachim, érigée canoniquement le 18 septembre 1721, se situe à l'est de la Côte-de-Beaupré, près du cap Tourmente et du fleuve Saint-Laurent.
Samuel de Champlain, le fondateur de la ville de Québec, vient au Cap Tourmente en 1623 et les premières habitations sont construites en 1626. Une première chapelle domestique, utilisée par les Récollets, est incendiée en 1628. En 1666, l'endroit devient partie intégrante de la seigneurie de Beaupré concédée à l'évêque de Québec qui la cède ensuite au Séminaire de Québec. Une seconde chapelle est construite en 1667 par Mgr François de Laval, premier évêque de Québec, pour desservir les fermes. Une première église en pierre est construite en 1684. Elle sera agrandie en 1725.
À la fin du mois d'août 1759, un détachement des troupes de l'armée anglaise, dirigée par le général James Wolfe, débarque à Saint-Joachim dans le but de tout piller et tout incendier sur son passage. Le curé Philippe-René Robinau de Portneuf et une cinquantaine de ses paroissiens résistent mais, le 24 août, ils sont défaits et sept sont tués incluant le curé. En guise de représailles, l'église est incendiée et aujourd'hui, il n'en reste que les fondations découvertes lors de fouilles archéologiques en 1965.
La construction de l'église actuelle débute en 1777 sous le Régime anglais au moment où le Séminaire reconstruit l'ensemble du Petit Cap en remplacement de la Ferme, mais l'édifice est d'inspiration française et de plan traditionnel avec un transept et un choeur en hémicycle. L'église est inaugurée le 8 juillet 1779. Une petite sacristie est annexée à l'arrière en 1805 jusqu'à son remplacement par une plus grande, dans le prolongement du choeur, en 1877. La nef est rallongée en 1860 par Guillaume Audet. Les murs extérieurs sont en pierre et recouverts de crépi. Le clocher et la façade actuelle datent de 1895 et ont été réalisés par Claude-Émile Morisset d'après les plans de l'architecte David Ouellet.
L'abbé Jean-Baptiste Corbin devient curé quelques années après la Conquête. Sa fortune personnelle et le travail des paroissiens permettront de doter l'église d'un décor intérieur qui est considéré comme le chefs-d'oeuvre des Baillargé, père et fils, qui ont su intégrer de façon harmonieuse la décoration et l'architecture et ainsi, mettre en valeur l'enceinte religieuse comme un ensemble structuré : un précédent au Québec.
Les premiers éléments sculptés de ce décor, réalisés par François Baillargé, sont installés en 1784-1785 : le maître-autel et son tombeau, le tabernacle, le crucifix et les chandeliers de même que le tableau représentant saint Joachim avec la Vierge installé au-dessus du maître-autel. Ce tableau, une copie d'un tableau européen, a été réalisé en 1779 par l'abbé Jean-Baptiste Aide-Créquy, un prêtre qui s'adonnait à la peinture et qui a produit quelques tableaux, notamment pour les églises de l'Islet et de Saint-Roch-des-Aulnaies.
Grâce au legs du curé Corbin, l'oeuvre des Baillairgé se poursuit de façon continue pendant une dizaine d'années, à partir de 1816. Ainsi, François et Thomas Baillargé entreprennent les travaux d'ornementation de l'église qui débutent par le choeur puis la voûte et les retables latéraux. Dans le choeur, le retable est le premier élément réalisé. Il s'agit d'une structure voulant imiter un baldaquin mais n'ayant pas la hauteur requise pour laisser place à un couronnement élaboré. Les sculpteurs se sont contentés d'implanter des colonnes reliées entre elles par une guirlande de roses et surmontées de pots-à-feu, qui sont des urnes décorées de petites flammes; on les appelle aussi brûle-parfums. Au centre de cette structure, on a composé une sorte de couronnement avec une gloire et une croix. Entre les colonnes se trouvent de magnifiques statues, de grandeur nature, en ronde-bosse représentant les quatre évangélistes et leurs attributs. Le décor a été entièrement doré par les religieuses de l'Hôpital Général de Québec. Les deux autels latéraux, attribués à Thomas, s'ajoutent au maître-autel principal réalisé par François. Dans le choeur, on remarque deux reliefs : La Foi et la Religion. Ils se dressent à l'entrée du choeur, là où l'on plaçait les trônes de l'évêque et du curé.
La chaire, de même que le banc d'oeuvre, sont attribués à l'architecte Louis-Thomas Berlinguet. Soucieux de conserver l'héritage des Baillargé, il récupère certains éléments de l'ancienne chaire, dont la rampe d'escalier attribuée à François, et en réalise une toute nouvelle en parfaite harmonie avec l'oeuvre des Baillargé.
Aux autels latéraux, deux toiles, réalisées en 1869 par Antoine Plamondon, sont des copies de tableaux célèbres. Elles représentent saint Jean-Baptiste tel que peint par Guido Reni et la célèbre Madone Sixtine, de Raphaël.
La sacristie contient aussi quelques trésors dont deux tableaux du Frère Luc, Jésus Adolescent et la Vierge des douleurs, datant de 1721 ainsi que des chasubles données par la reine Anne d'Autriche, mère de Louis XIV. Quant au presbytère, il date de 1829.
Le 26 avril 1959, la Commission des monuments historiques du Québec reçoit la demande de classement de l'église et du presbytère. La demande est acceptée le 17 juin 1959. De plus, en 1977, le ministère des Affaires Culturelles du Québec décrète une aire de protection visant à préserver l'ensemble religieux et son environnement.
L'orgue
L'orgue a été construit par Napoléon Déry, de Québec, en 1885. Depuis ce temps, l'instrument n'a pas été modifié si ce n'est l'installation d'un ventilateur électrique.
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The parish of St Joachim, canonically established on September 18th, 1721, is located on the east side of the Côte-de-Beaupré region, near Cap Tourmente and the St Lawrence River.
Samuel de Champlain, founder of Quebec City, comes to Cap Tourmente in 1623 and the first houses are built in 1626. A first house chapel, used by the Recollets Fathers, is destroyed by fire in 1628. In 1666, the location becomes part of the Beaupré seigneury granted to the bishop of Quebec who will later bequeath it to the Quebec Seminary. A second chapel is built in 1667 by Bishop François de Laval, Quebec's first bishop, to serve the settlers. The chapel will be replaced by a first stone church in 1684. It will be enlarged in 1725.
At the end of August 1759, an detachment of the English army led by General James Wolfe, lands in St Joachim with the intention of ransacking everything and burning everything down on its passage. Parish priest Philippe-René Robinau de Portneuf and about fifty parishioners resist but, on August 24th, they are are defeated and seven are killed including the parish priest. By way of retaliation, the church is burned down and today, only remain foundations discovered during archeological searches executed in 1965.
The construction of the actual church starts in 1777 under the English Regime at the time when the Seminary rebuilds the whole Petit Cap settlement replacing the first farm, but the building is of French inspiration and traditional plan with a transept and a semicircular chancel. The church is inaugurated on July 8th, 1779. A small sacristy is built in 1805 in the back of the church to be replaced by a larger one, as an extension of the chancel, in 1877. The nave is extended in 1860 by Guillaume Audet. The outside walls are made of stone and covered with roughcast. The steeple and the actual facade date from 1895 and were executed by Claude-Émile Morisset according to architect David Ouellet's plans.
Rev Jean-Baptiste Corbin is appointed parish priest a few years years after the Conquest. Its personal wealth and the work by the parishioners will allow the execution of the interior decor of the church which is considered to be the masterpiece of the Baillargé, father and son, who will harmoniously integrate decoration and architecture in order to treat the whole building as a structured group: a precedent in Quebec.
The decor's first sculpted elements, executed by François Baillargé, are installed in 1784-1785: the high altar and its tomb, the tabernacle, the crucifix and the candlesticks as well as the painting representing St Joachim with the Virgin installed above the high altar. This painting, a copy of an European painting, was executed in 1779 by Rev Jean-Baptiste Aide-Créquy, a priest who devoted himself to painting and who produced some paintings, notably for the churches in Islet and in St Roch-des-Aulnaies.
Thanks to parish priest Corbin's legacy, Baillargé's work would continue for the next twelve years, starting in 1816. So, François and Thomas Baillargé undertake the church decoration with the chancel then the vault and the lateral altars. In the chancel, the main reredos is the first completed element. It is a structure that imitates a baldachin but with no elaborate crowning due to lack of necessary height. The sculptors only build pillars linked up between them by a garland of roses and topped by pots-à-feu, which are decorated urns with small flames; they are also called perfume-burners. In the centre of this structure, they set up a kind of crowning with a glory and a cross. Life-sized magnificent statues representing the four Evangelists and their attributes are inserted between the pillars. The decor was entirely gilded by the nuns of the Quebec General Hospital. Both lateral altars, allocated to Thomas, are added to the main high altar executed by François. Two reliefs are located in the chancel: Creed and Religion. They stand at the entrance of the chancel where the bishop's throne and the parish priest's seat were usually located.
The pulpit, as well as the churchwardens' bench, are attributed to architect Louis-Thomas Berlinguet. Concerned about preserving Baillargé's heritance, he reuses some elements from the previous pulpit, among which the staircase ramp, attributed to François, and builds a new one which is in perfect harmony with Baillargé's work.
Above the lateral altars, two paintings, executed in 1869 by Antoine Plamondon, are copies of famous paintings. They represent St Jean-Baptiste as painted by Guido Reni and the famous Sixtine Madonna Sixtine, by Raphael.
The sacristy also contains some treasures among which two paintings of the brother Luke, a teenager Jesus and the Virgin of sorrows, dating from 1721 as well as of chasubles given by Queen Ann of Austria, Louis XIV's mother. As for the parsonage, it dates from 1829.
On April 26th, 1959, a request for classification of the church and the parsonage is sent to the Quebec Commission of the ancient monuments who accepts it on June 17th, 1959. Besides, in 1977, the Quebec Cultural Affairs department decrees an protected area aiming at preserving religious buildings and its environment.
The organ
The organ was built by Napoléon Déry, of Québec, in 1885. Since then, the instrument has not been modified except for the installation of an electric blower.
Clavier manuel |
Pédale |
|||
|---|---|---|---|---|
| Montre | 8' | Bourdon (ext) | 16' | |
| 1Dulciane | 8' | |||
| 1Bourdon | 8' | |||
| 1Flûte harmonique | 4' | |||
| Principal | 4' | |||
| 1Doublette | 2' | |||
| Fourniture | II | |||
| 1 | divisées au b et c1 / divided between b et c1 | |
| 2 | excepté les 17 premières notes de la Montre 8' et la Pédale / excepted first 17 notes of the 8' Montre and Pedal |